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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

L'hypersensibilité au bruit

Qu'est ce que l'hypersensibilité au bruit ?

Il n'y a pas si longtemps, on n'en savait rien. Ni ceux qui en souffraient, ni les médecins.

Tout au plus la notion était vaguement rangée dans le tiroir des pathologies psychiatriques, on vous traitait de folle, de mal baisée, frustrée, hypocondriaque et autre nom d'oiseaux tout aussi charmants.

Sauf que ce n'est plus aussi simple. Et si pour les personnes comme moi qui en sont atteintes, il y a une petite avancée, dans le sens où on sait que l'on n'est pas complètement dingue, cela ne nous avance guère de ne pouvoir être aidé dans notre vie de tous les jours.

Mais revenons en à la définition ou plutôt aux définitions parce qu'il semblerait qu'il y ait plusieurs facettes. Par exemple, dans mon cas, je suis hypersensible à deux niveaux : au bruit et aux émotions des autres.

« Tout comme chacun de nous possède une plus ou moins bonne vue, nous ne sommes pas égaux en matière de capacité auditive », affi rme Béatrice Millêtre, psychothérapeute et neurobiologiste. Alors que certains peuvent passer à côté d’un marteaupiqueur sans ciller, d’autres se hérissent à un simple crissement de pneu.

« C’est ce que nous appelons l’hyperacousie, explique Jean-Marc Juvanon, oto-rhino-laryngologiste et porteparole de la Société française d’ORL. Ces personnes possèdent une audition supérieure à la normale. Leur oreille interne est plus performante que celles des autres. » Cette hypersensibilité serait-elle l’apanage d’un genre d’humains s’apparentant à l'héroïne de la série américaine, Super Jaimie ? Pas si simple. « On peut souffrir d’une mauvaise audition et mal tolérer certains sons, souligne le médecin. Quelqu’un qui a l’oreille interne endommagée entend moins bien. Mais, s’il perçoit un bruit, il arrive que celui-ci lui soit désagréable. »

Voici ce que j'ai trouvé dans un article de Psychologies Magazine... jusque là, ça va, je n'ai pas eu trop de mal à comprendre. Dans mon cas, tout a été déclenché par cette maladie que j'ai eu il y a une vingtaine d'années, ces fameux "vertiges de Mégnières". A l'époque, le médecin ORL que j'avais consulté n'avait rien trouvé de mieux à me dire qu'on ne savait pas vraiment d'où cela provenait mais qu'il était clair pour lui que c'était lié à un état dépressif et qu'en gros, il fallait que je me bouge le cul pour en sortir...

Avec le temps, j'ai appris à gérer mes crises, mais le moindre son devenait vite gênant.

Je ne vous parle pas que d'un bruit stridant qui vous perce les tympans. Non. Moi je vous parle de toutes ces fois où j'ai subi les conversations téléphoniques d'une personne debout à côté de sa voiture sous ma fenêtre et où je comprends mot à mot tout ce qu'il dit, en entendant tout, et ce fenêtre fermée. Combiné à cette autre faculté bizarre que j'ai et qui me permet de deviner ce que pensent les gens, surtout les hypocrites qui vous demandent comment vous allez et qui manifestent par leur attitude physique qu'ils n'en ont rien à foutre ?

Ma vie est devenue un enfer parce que je fais de l'ingérence en permanence et ce, malgré moi. Je me fous pas mal de ce que les gens peuvent se dire entre eux, j'ai juste pas envie de l'entendre, c'est tout. Mais lisons ensemble la suite de l'article...

"Je manifeste mon intransigeance « Il n’existe pas de bruit en soi, insiste Claude Leroy, psychiatre. Il n’existe du bruit que “pour soi”. » Si, pour notre voisin insomniaque qui l’écoute à 3 heures du matin, la Petite Musique de nuit est une douce mélodie, pour nous qui essayons de dormir, elle s’apparente à une torture. « Nous sommes souvent exaspérés par des sons qui se situent à l’opposé de notre propre système de valeurs », observe Béatrice Millêtre. Pour preuve : un senior supportera difficilement le disque de rap de son petit-fils, et un ennemi des bêtes s’agacera des aboiements du chien d’un ami. Pour la psychothérapeute, il s’agit d’une tendance naturelle de notre époque : « Nous évoluons dans une société plus individualiste qu’elle ne l’était auparavant. Chacun estime que le monde doit être à son image. »"

Là je hurle. Le psychiatre qui ose dire que le bruit, c'est rien en fait, et que c'est le filtre de notre éducation et de notre manque de tolérance envers autrui qui font que nous sommes en souffrance. Je sais pas pour vous mais moi j'ai du mal à comprendre...

Le type qui écoute de la musique à 3 heures du matin, c'est normal ? non à priori, je réagis mal parce que ce n'est pas dans mon schéma de valeurs d'écouter de la musique trop fort la nuit.

La bande de jeunes qui, en sortant de boîte, décide de poursuivre la teuf sur le parking chez vous en mettant la sono à fond à 5 heures le dimanche matin, c'est à l'opposé de mon système de valeur ?

Les adolescents qui décident d'une partie de foot l'après midi en mettant leur téléphone portable à fond sur des enceintes, pour mettre de l'ambiance, c'est à l'opposé de mon système de valeur ?

Le chien qui aboit pendant des heures, même si je n'y suis pas confrontée, je peux comprendre que, sans forcément détester les animaux, on peux en avoir marre ?

AH BEN PARDON d'avoir reçu un semblant d'éducation quand j'étais petite !!! pardon de respecter mon prochain et de ne pas trop prendre de place ! Mais pourquoi on s'est laissé faire quand on était gosse, bon sang ?

Je ne sais pas pour la psychiatrie, mais les lois, notamment le Code de la Santé Publique, nous rendent quand même justice, enfin... même si c'est un grand bien mot et que la plupart des gens, policiers en tête, ne savent même pas que ça existe.

Si nous étions autant des cas, pourquoi les lois iraient elles dans notre sens ?

Ce monsieur continue son analyse en nous questionnant sur notre niveau de frustration. Pour lui, si on ne supporte pas le bruit de la clientèle du bar en face de chez nous, c'est parce que nous sommes seuls et frustrés de notre vie solitaire...

Je sais pas pour vous, mais là je regrette pas d'avoir fait de longues études. Parce que pour sortir autant de bêtises, là j'en suis certaine, faut avoir passé au moins un doctorat...

Avoir envie de calme et besoin de solitude, pour certains, ça passe pour une tare. Du genre "sociopathe", vous voyez ? Le calme, c'est mon fond de commerce. C'est comme ça que j'arrive à puiser en moi de quoi peindre. C'est comme ça. Je suis pas du genre à avoir besoin de beaucoup d'amis autour de moi. Je préfère bien les choisir et puis je suis pas obligée d'avoir 5000 followers pour me persuader que j'ai PLEIN d'amis autour de moi qui m'aiment, eux.

J'hallucine un peu de lire ce type d'analyse. C'est un peu comme les bruyants de ce monde qui nous soutiennent que, oui oui, ils ont le droit de faire du bruit jusqu'à 22 heures, et que, oui oui, vous êtes un grand frustré de la vie qui savez pas vivre si vous êtes pas capable de vous amuser sans faire de bruit.

C'est comme ces gens qui croyent avoir passé une bonne soirée parce qu'ils ont bien picolé et bien dégueulé dans le caniveau en bas de chez eux.

Dernière partie de l'analyse brillante de cet article (si vous vouliez vous remonter le moral en essayant de trouver de l'aide, ben c'est râté !) : comment s'en prémunir, de cette hypersensibilité au bruit ? et bien en s'examinant le nombril... euh, l'oreille interne !

Il se peut en effet que ces symptômes d'hypersensibilité soient le signal d'une surdité précoce, parce que votre oreille a trop été exposée (profession bruyante, musique trop forte, etc).

C'est con parce que dans mon cas, j'aimerai en effet être sourde, donc je ne vais pas me faire soigner, bien au contraire, et en plus, je n'ai jamais maltraité mon oreille interne, sauf par ma maladie inconnue, donc je considère pas que ce soit de ma faute. Et je me ferai pas soignée, de toutes manières.

Ensuite,

"Le psychiatre Claude Leroy propose de se livrer à une introspection. « Quels sont ces bruits qui nous incommodent ? À partir de nos réponses, nous pouvons essayer de dégager ce qui nous insupporte dans notre vie quotidienne. » Si cette hypersensibilité n’a pas de cause médicale et qu’elle est handicapante au quotidien, les observations glanées lors de cette introspection peuvent servir de base pour entamer une thérapie."

ben il faut quand même se faire soigner (oh, ils vont être contents, tous nos détracteurs, depuis le temps qu'ils nous conseillent de nous faire soigner !). Donc prenons rendez vous avec le premier psychiatre venu, avec un peu de chance, il nous prescrira plein de jolis bonbons pour nous sentir mieux.

Et enfin, je garde le meilleur pour la fin :

"Adapter son environnement « Au lieu de s’agacer contre le bruit, essayons de nous créer un environnement sonore qui nous corresponde », suggère Béatrice Millêtre, psychothérapeute et neurobiologiste. Une playlist agréable (et à volume raisonnable !) dans son baladeur, un CD de relaxation pour se détendre, voire un silence (presque) parfait grâce aux doubles vitrages et autres boules Quies. À adapter selon son humeur et le moment."

En ce qui me concerne, la case "triple vitrage", j'ai coché. J'ai assumé seule le règlement de la facture (12 000 euros quand même, et encore, toutes les fenêtres n'ont pas été équipées), ainsi que les bouchons d'oreille sur mesure (une centaine d'euros) et un casque anti bruit. Qui lui a provoqué d'horribles migraines à cause du poids mais c'est un autre débat. C'est qui qui paye la facture du non respect des lois ???

Et enfin, vous avez bien lu vous aussi ? Si vous choisissez d'écouter de la musique pour contrer le bruit de la sono de votre voisin, soyez gentil, ne mettez pas trop fort, vous risqueriez de l'incommoder...

Heureusement pour moi, je ne me suis pas contentée de ce SEUL article sur le sujet sinon je serai déjà en train d'installer la corde pour me pendre. Mais je reste outrée.

En clair, on donne raison à tous les êtres bruyants et mal élevés de notre société, qui eux ont le droit de vivre bruyamment sans jamais se soucier des autres, parce que "c'est comme ça, ma pauv' dame" et qu'il faut bien vivre avec son temps. Venant de la part de médecins qui ont fait des études, et qui semblent nier en bloc les dégâts occasionnés par le bruit, c'est flippant et c'est désespérant.

Je ne suis pas encore à un point où je prends des médicaments pour gérer mon mal être, et j'espère pouvoir déménager avant d'en arriver là, même si ça ne se fait pas comme ça, d'un coup de baguette magique, mais je sais aussi que je suis dans l'obligation de partir d'ici, si je ne veux pas mourir : soit de dépression, soit agressée sur le parking devant chez moi parce que j'aurai encore eu le courage d'aller m'opposer à ce que tout le monde trouve normal...

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