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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

L'amour que l'on donne à nos enfants...

... pour qu'ils nous quittent un jour...

... dur...

Parce que, oui, c'est ça, être une mère : mettre au monde ses petits bouts, les aider à grandir du mieux qu'on peut, pour qu'un jour, ils prennent leur envol et quittent le nid.

C'est dur mais c'est pourtant ce que l'on retrouve partout dans la nature : chaque mère du règne animal est programmée ainsi, concevoir, mettre au monde, élever, éduquer pour certaine puis pousser hors du nid, pour que chaque être vive sa vie.

Alors pourquoi les mères humaines ont elles autant de mal ?

J'ai lu plusieurs livres de Jacques Salomé, à une époque de ma vie où j'en avais besoin. J'ai ainsi appris à quel point nous avions tout faux au sujet de l'amour, que ce soit celui que l'on porte à nos enfants ou celui que l'on porte à notre conjoint, ou celui que l'on aimerait que l'on nous porte. Je crois que c'est celui là qui pose d'ailleurs le plus de problèmes !

Si on aime vraiment nos enfants, on doit les aider à se construire, à se valoriser, à se lancer dans la vie avec espoir et optimiste. Et puis il faut les larguer. En ayant pris soin avant de leur apprendre à atterrir !

C'est jamais le vol qui pose problème, c'est l'atterrissage...

Dans toute histoire d'amour, qu'elle soit avec un ami, un conjoint, un enfant, on ne doit pas faire de l'autre une béquille pour nos coeurs bancales. Voilà ce que j'ai retenu.

Attendre de nos enfants qu'ils soient toujours liés à nous, c'est refuser de couper le cordon, c'est refuser de les voir s'éloigner, c'est projeter sur eux nos peurs, nos angoisses et nos frustrations.

La fête des Mères approche, c'est le moment de faire un petit bilan annuel pour savoir où on en est avec nos enfants : est ce qu'on fait vraiment tout avec abnégation pour qu'un jour, ils puissent partir sans remords, sans regrets et sans angoisses ?

Est ce qu'on leur dit sereinement qu'un jour ils partiront et qu'on sera heureuse pour eux ? Parce que, lorsque ce jour tant redouté arrivera, il faudra être forte, ne pas avoir peur de la solitude, avoir fait le deuil de la maternité, entrer peut être dans la vieillesse et se sentir abandonnée parfois. C'est dur bien sûr, d'où cette volonté aujourd'hui de la plupart des femmes de ne pas se retrouver démunie quand viendra ce moment, ne pas se retrouver les bras ballants, avec plus rien à faire, c'est là qu'on voit aussi l'importance de construire autre chose autour de la maternité, pour l'enrichir finalement et la faire grandir. Faute de quoi, l'atterrissage sera aussi terrible pour la mère !

Je connais plus d'une mère dans mon entourage qui ne joue pas le jeu comme il le faudrait. Qui, d'une manière ou d'une autre, empêche déjà leur enfant de grandir par peur de le perdre, comme s'il allait mourir, alors qu'il ne fait que prendre son envol ?

Ne serions nous pas viscéralement jalouses ? 

Perdre un enfant est la pire chose qui puisse arriver en terme de douleur et je n'en parlerai pas plus car je n'en connais rien. Alors utiliser ce terme quand l'enfant ne fait que continuer ce qui est logique et dans l'ordre des choses, à savoir vivre sa vie, c'est fort, je le reconnais mais combien de femmes ressentent-elles cela comme une douleur alors que ce devrait être la norme et qui plus est, une grande fierté...

J'ai entendu des mères me confier qu'elles voudraient garder leur enfant pour elles toutes seule, sans jamais vouloir le partager avec qui que ce soit, pas même le papa... je vous dis pas la catastrophe lorsqu'il y a une séparation... et une nouvelle femme dans la vie du papa... comme dirait l'humoriste, "c'est le draaaaame...".

Partager, même ça, elles estiment qu'elles n'ont pas à le faire, comme si l'enfant leur appartenait, comme un meuble. Berk. Et au secours pour ces petits, leur mère prendra le chemin d'une belle mère acariâtre dès qu'ils auront d'autres amours dans la vie.

J'en ai entendu d'autres me dire que, si elles pouvaient avoir une baguette magique, elles empêcheraient leurs enfants de grandir pour l'éternité, pour les garder petits, près d'elle, ayant besoin d'elle, pour rester dans cet état de grâce qu'elles affectionnent tout particulièrement. Je suppose que ces mères aiment tout particulièrement le temps où leur enfant est bébé, car il est alors dans la plus totale dépendance...

Il y a aussi ces mères qui culpabilisent leur enfant (puis l'adulte qu'il devient) en permanence, attendant un retour de soin et d'attention qu'elles estiment légitimes, parce qu'elles "se sont sacrifiées pour lui !", elles lui ont "tout donné", et qu'il est ensuite grandement temps qu'elles aient une récompense en retour.

J'ai aussi entendu des mères me dire qu'à choisir, elles préféraient l'amour maternel à l'amour conjugal, parce qu'on aimait ses enfants toute sa vie, mais pas forcément son conjoint. Je n'ai toujours pas vraiment trouvé pourquoi, mais ça me met mal à l'aise... comme si les enfants avaient pour mission de ne jamais décevoir leur mère côté sentimental, alors qu'un homme lui, le pouvait... ou bien, comme si on se devait d'aimer ses enfants coûte que coûte mais pas un compagnon... enfin bref, je suis plutôt perplexe !

C'est pas simple d'être mère, c'est différent à chaque fois. C'est rempli de devoirs, d'obligations, d'abandons, et aussi d'émerveillements, d'étonnements, de surprises. 

Quand on aime un conjoint, on recherche un retour, c'est là la moindre des choses ! Quand on décide de former un couple, on s'attend à de la réciprocité dans les sentiments et on s'attend aussi (même si on n'est pas complètement naïf !) à ce que ça dure le plus longtemps possible, voire toute la vie si on est très optimiste ! 

Avec un enfant, c'est pas pareil : il nous aimera peut être toute notre vie, mais il ne restera pas toute sa vie à nous tenir la main. Et parfois, il faut aussi accepter qu'à une période de sa vie, il semble nous aimer moins voire plus du tout (ça s'appelle entre autre l'adolescence !), il faut apprendre à aimer à distance, dans le silence, voire dans l'ombre, sans avoir grand chose en retour. Il faut garder confiance dans ce qu'on a semé au cours de son enfance et il faut parfois attendre très longtemps avant de savoir si on a bien travaillé ou pas.

Etre une mère, c'est ça : l'abnégation la plus complète, sans rien attendre en retour, si ce n'est la satisfaction d'avoir mené la mission à terme, et plutôt bien, afin qu'un petit être devienne un jour un grand être.

C'est ça aussi l'amour maternel : accepter que ce que l'on peut considérer comme étant sa plus belle création vive sa vie loin de soi et continue de s'enrichir par le biais d'autres amours que le sien. 

Parce que, tout ce qui compte au final, c'est l'amour.

Et le nôtre, bien qu'exceptionnel parce que celui d'une mère, n'est pas le seul, n'est pas l'ultime, n'est pas tout.

Et ça, c'est dur. Pas vrai ?

Amicalement,

Isa

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