Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

Sauvetage de printemps...

Chaque année, à cette période, c'est la même histoire : notre "Arche de Moé" s'agrandit provisoirement, le temps de faire quelques sauvetages d'oisillons...

Dans le village, on m'appelle "la dame aux oiseaux", alors lorsqu'un petiot se trouve en perdition, c'est chez moi qu'on les apporte. Et même sans cela, il y a bien à faire avec tous ceux qui tombent du toit !

C'est Dieu pas possible ! Sont donc tous parents indignes, les moineaux du quartier ???

C'est fou le nombre de petits oisillons qui passent par dessus bord. Soit les nids sont mal foutus, soit il y en a un dans le coin qui s'amuse à passer tout le monde par dessus la rambarde, je sais pas, moi !

Depuis le temps, j'ai sauvé quelques plumeaux, à commencer par les miens, qui sont eux des psittacidés, donc pas de la même "marque" que les moineaux et autres mésanges. J'ai plus de réussites avec les miens (logique) mais également avec les mésanges. Les moineaux, c'est plus laborieux. Et quand en plus ils sont complètement dépourvus de plumes, là ça vire à la gageuse et je n'aime pas particulièrement jouer à l'apprenti sorcier avec ces petites vies...

Mais je ne peux pas non plus rester sans rien faire, ou faire comme si je n'avais rien vu, en attendant que Dame Nature fasse son oeuvre... Alors j'interviens. Avec le temps, j'ai mis au point quelques trucs et astuces pour arriver à les sauver, mais il y a encore quelques échecs.

J'ai appris à faire avec. Après tout, si je n'avais rien fait du tout, le résultat aurait été le même. Et non, je n'appelle plus le centre de sauvegarde du coin, parce que, je suis désolée, mais ça ne sert strictement à rien : parfois l'oisillon est tellement petit que le centre ne veut même pas s'en charger, parce que le taux de réussite est proche de zéro et que c'est trop de travail pour un oiseau dont l'espèce n'est certainement pas en danger...

Vous savez, le résultat est le même chez le vétérinaire : j'ai la chance d'avoir un spécialiste aviaire pas trop loin de la maison, parce que sinon, tous les autres vétérinaires me regardent d'un air perplexe lorsque je leur amène un de mes protégés.

"pourquoi voulez vous payer une consultation 35 euros pour un oiseau qui n'en coûte que 18 à l'animalerie du coin ?".

Ah, oui, effectivement.

Sauf que moi, pauvre naïve, je ne parviens toujours pas à calculer le coût sentimental par rapport au coût commercial. Parce que je n'arrive toujours pas à accepter l'idée qu'un animal ne soit rien d'autre qu'une marchandise. Avec une valeur. Et un coût de revient.

Non, définitivement, je n'y parviendrai jamais !

Et sinon un site très intéressant et surtout très sérieux où l'on apprend plein de choses sur le sauvetage (entre autres) ainsi que deux ou trois choses concernant la loi : je vous rappelle que, quoi qu'il arrive, il est interdit de détenir un animal de la faune sauvage, sauf pour l'aider ponctuellement, et il faut le relâcher dès que son état le permet. De plus, concernant ce que l'on appelle EAM dans le jargon des éleveurs (Elevage A la Main), je le déconseille fortement et n'y adhère pas plus que ça, même si certains de mes oiseaux l'ont été. Il s'agissait surtout de leur sauver la vie, et non pas d'en faire la propagande ou l'apanage.

Voilà ! Sur ces sages paroles, je vous souhaite bon vol !

Amicalement,

Isa

 

PS : notre petit plumeau est sain et sauf, j'en suis moi même la première étonnée, vu comme il était tout petit quand je l'ai récupéré. J'avoue que c'est une première, et bien qu'une de ses pattes semble pour l'instant défaillante, il pète la forme et ne devrait pas tarder à quitter la couveuse pour la volière afin d'y apprendre... à voler. Ben oui, logique pour un zozio...

Bébé zozio deux jours après le 25 mai (jour de son sauvetage)

Au bout de quelques jours, quand il a commencé à ouvrir les yeux, on a vite compris qu'il avait un souci à une patte, donc les branches c'est pour l'aider un peu à se muscler et à se stabiliser. Comme ça, quand il tombait, c'était de pas trop haut !

La photo est très mauvaise, mais on voit quand même ses progrès : il tient sur ses deux pattes, mais celle de gauche (sur la photo) présente une déformation au niveau des trois doigts de l'avant. 

Et la dernière photo de ce matin : un zozio tout plumé qui ressemble enfin à un moineau ! Encore quelques jours de patience et il devrait se sevrer, puis dès qu'il se nourrira seul, on pourra le mettre en volière pour qu'il apprenne à voler. 

 

Je déconseille ce type de sauvetage si vous n'avez pas un minimum de matériel et d'expérience. Il faut une couveuse pour maintenir une température constante (qui sera diminuée progressivement au fur et à mesure que l'oiseau se plume), il faut maintenir un taux d'hygrométrie aussi. Dans la couveuse, j'installe un bac avec de la mousse et du tissu. Pas de sopalin ni de mouchoirs en papier quand l'oiseau est nu, parce que leur peau est tellement fragile que le frottement du papier les fait saigner. Quand l'oiseau est plumé et qu'il commence à se déplacer seul, le "nid" n'est installé que la nuit, et je recouvre le fond de la couveuse avec de l'essui tout pour faciliter le nettoyage.

Un truc : ces oiseaux ont un instinct phénoménal ! Quand vous prenez le poussin pour le nourrir, quelque soit son âge, il fera instinctivement ses besoins, prévoyez le coup !

C'est en effet une particularité pour que le nid reste le plus propre possible. Je pense que c'est en partie pour cette raison qu'ils tombent du nid : en se mettant sur le bord pour évacuer les déjections, ils perdent l'équilibre et ils basculent hors du nid...

Ensuite, il faut être courageux, se lever très tôt et se coucher un peu tard, pendant les trois premiers jours (ou plus, selon l'âge du poussin). Parce que ça mange tous les quart d'heures les deux premiers jours, puis il passe à une demi heure pendant trois jours, puis une heure, puis deux heures. Je nourris toujours à la demande, donc il faut être présent et attentif. En général, ils pigent très vite ! Plus l'oiseau est plumé lors de son sauvetage, et plus il sera difficile de le convaincre de se laisser nourrir. Il faut donc insister pour qu'il comprenne.

Pas de nourrissage après 22 h 30 en ce qui me concerne, et je mettais poussin dans le noir sous une couverture pour qu'il dorme. Comme dans la nature.

Pour la nourriture, je préconise un peu de Nutribird dans les premières heures de vie, ainsi que des vers de terre coupés en morceau (pour les protéines et pour le micro sable qu'ils contiennent), avec en plus des pucerons, des petites chenilles et des mini sauterelles. Plus le poussin est petit, plus les morceaux doivent l'être, nourrissage à la pince à épiler uniquement et à la seringue pour diabétique. En trempant les vers dans de l'eau, vous n'aurez pas besoin de l'abreuver.

Si l'idée de découper des vers encore vivants aux ciseaux vous répugne, vous pouvez les mettre au congélateur quelques minutes, ils mourront rapidement et vous n'aurez aucun mal à les décongeler (après les avoir coupé) dans de l'eau (pas trop chaude, pour ne pas brûler zozio).

Ensuite il faut surveiller les déjections, très important : s'il n'y en a pas au cours des premières heures, c'est que, malheureusement, de graves séquelles intérieures sont à déplorer et souvent, la seule issue est le décès.

Quand zozio grandit, je rajoute des petites graines de millet trempées dans de l'eau (pour les ramollir) et j'en mets à disposition dans la couveuse (ou la cage). Parce que ces oiseaux là, quand ils sont bébés, ils sont insectivores, puis ils deviennent granivores à l'âge adulte. C'est très important de respecter leur nature ! Je donne aussi un peu de viande hachée quand je suis en panne de vers, toujours trempée dans de l'eau. Mais je ne donne pas d'oeuf : je n'ai jamais eu de bons résultats avec ce type de protéine.

Si vous avez une piscine, n'hésitez pas à y récupérer les insectes qui s'y noient, vous gagnerez un temps précieux ! Attention au chlore si vous en mettez.

Quand un oiseau est sevré, il refuse qu'on le nourrisse, il faut vérifier qu'il se nourrit bien seul avant d'envisager de le relâcher. Dans l'idéal, une petite cage posée en extérieur pendant quelques jours avec de la nourriture peut l'aider à se familiariser avec l'environnement et à identifier ses congénères. Il faut juste faire attention aux chats ! Et après, à lui la liberté !

Personnellement, il n'y a plus une seule mouche dans toute la maison et les rosiers ont été débarrassés de TOUS leurs pucerons ! Franchement, je dis "chapeau" les parents, quand je vois le nombre de repas que fait un poussin, je me dis qu'ils ont du mérite... heureusement que ça grandit vite, je ferai pas ça toute l'année !

Voilà tous mes secrets !

Si vous avez des questions, je reste à votre disposition.

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article