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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

8 mars : Journée de la Femme...

Bon, me suis-je dis... Tu as fait un article sur les ours blancs, tu peux bien en faire un pour la journée de la Femme, non ? Oui, je peux, c'est sûr. Mais quoi en dire ?

On en a discuté avec les enfants, je leur ai expliqué de quoi il s'agissait. Et ma petite fille qui me dit : "une journée sur 365 jours ? c'est pas du foutage de gueule, ça ?".

Oui, j'autorise mes enfants à parler comme ça.

Parce que l'expression "foutage de gueule", on l'utilise souvent dans la famille. Pas de langue de bois chez nous. Et pour le coup, elle avait un brin raison, la gamine... Et c'est rien de le dire.

Alors bien sûr, c'est pas une raison pour rien faire, on est bien d'accord, et je salue les personnes qui auront fait un truc. Je suis pas féministe, oh non ! Je suis pas pour les excès, quels qu'ils soient, je suis pour la prudence et la réflexion. Je me demande toujours quelles seront les conséquences de nos actes dans la vie, et là, je trouve que le sujet étant quand même plutôt important, il faut être encore plus prudent.

Donc j'avais pas d'idées ! Voilà la conclusion en fait !

Et c'est Chum qui m'a sauvée la mise, sur ce coup là... Il m'a transféré ce document ce matin, je vous le mets en copier/coller car je n'ai pas la source mais il me semble qu'elle est citée dans le texte.

Alors sachez que j'adhère à 200 %, vu la paranoïa que je manifeste ouvertement à l'égard des réseaux sociaux, et vu aussi la colère sourde et noire qui m'envahit lorsque je pense aux violences faites aux femmes, et c'est pas en leur consacrant UNE journée par an que ça changera grand chose pour certaines, cet article ne pouvait pas mieux illustrer le fond de ma pensée !

Allez, bonne lecture, en espérant que les choses continuent d'avancer dans le bons sens...

 

Dictature du tout numérique

Par Tris Acatrinei pour Zapping décrypté | Jeudi 08 Mars 2018


"Sommaire : On nous présente trop souvent le numérique comme un élément incontournable et indispensable pour notre vie quotidienne, arguant que nous devrions tous passer au numérique. Pourtant, il existe des cas où cela n’est pas souhaitable.

En cette journée internationale des droits des femmes, je voudrais vous parler d’un sujet peu abordé lorsque l’on parle de violences faites aux femmes : le pistage des victimes de violences conjugales.

Dans un épisode de la saison 18 de New York Unité Spéciale, Olivia Benson et son unité sont sur la piste d’un tueur en série et au cours de leurs investigations, ils découvrent que le concepteur de mouchards publicitaires les a espionnés. Pire encore, il s’est servi de ses différents outils pour espionner sa petite amie, la traquer et finalement la tuer, en imitant la signature d’un tueur en série.

De la violence domestique à la surveillance domestique

Avant la démocratisation du Web et l’explosion des réseaux sociaux, ce n’était déjà pas évident pour les victimes de violences conjugales d’arriver à s’échapper des griffes de leur agresseur, mais avec la multiplication des objets connectés et interconnectés, on a rendu les victimes encore plus vulnérables.

Ainsi, une amie d’une amie a fait état du harcèlement de son ex-compagnon, qui la suivait à la trace, en regardant simplement son compte Gmail. N’ayant pas une grande maîtrise de tous les objets connectés qu’elle avait en sa possession, elle en était arrivée à penser que son ex avait posé des micros chez elle ou qu’il avait installé un logiciel espion sur son ordinateur ou son téléphone. La solution était beaucoup plus simple : sans le savoir, elle donnait elle-même toutes les informations.

Les activistes qui vous expliquent à quel point ce délire du tout connecté et du tout-en ligne est extrêmement dangereux passent, au mieux pour de doux dingues, au pire, pour des agitateurs sociaux. Ils ne sont pourtant pas dans l’erreur et nul besoin de s’abreuver de lectures d’adeptes de la théorie du complot pour s’en convaincre : il suffit de (re) lire la théorie des
opportunités et des activités routinières de Cohen et Felson. En très résumé, il s’agit d’une étude mettant l’accent sur les habitudes de vie permettant de commettre des actes délictueux. La personne qui va commettre une infraction va le faire, car trois conditions sont réunies : c’est un délinquant potentiel, qui a une victime à proximité, qu’il peut attaquer, car il n’y a pas de
gardien. La théorie des opportunités de 1979 a été recadrée par Felson lui-même, en collaboration avec van Dijk, dans un autre article en 1993, intitulé la théorie des opportunités et l’erreur de généralisation. Le lecteur aura compris que je grossis à très larges traits les deux études et je l’invite à lire lesdites études pour en avoir une version non commentée.

L’opportunité criminelle remaniée

Mais ce concept a été amplement revisité avec l’avènement des nouvelles technologies, car l’opportunité criminelle a été amplifiée. Dans le cadre des violences conjugales, nous pouvons retrouver sans difficulté les trois composantes : une personne délinquante, une personne victime et l’absence de gardien. Parmi les points relevés dans une étude de l’Université de Montréal, il est noté que le simple fait d’être une femme augmente considérablement le risque d’être harcelée sur les réseaux sociaux et que la fracture numérique entre un homme et une femme peut être accentuée, si la personne victime maîtrise moins bien les nouvelles technologies que son agresseur.


En effet, au-delà du cas du logiciel espion installé sur le matériel de la victime, il y a tout simplement les différentes traces numériques laissées par cette dernière. Toujours dans cette étude, les femmes subissent une triple peine : elles doivent quitter leur compagnon violent — donc leur domicile — pour se réfugier en maison d’hébergement, elles sont coupées physiquement de leur entourage, mais elles sont également obligées d’être isolées numériquement, car les informations de connexion, notamment la géolocalisation, permettent de les retrouver. L’étude se focalise sur les téléphones portables, les ordinateurs et les tablettes, mais on peut tout à fait y inclure les objets connectés, comme les montres et certains bijoux.

À cela — l’étude n’en fait pas mention — on peut ajouter une autre peine pour la victime : l’isolement administratif. En effet, vous n’êtes pas sans savoir que pour fluidifier un certain nombre de démarches, on pousse vers la dématérialisation des procédures. Or, si une femme victime de violences conjugales doit couper ses accès numériques, elle risque aussi de se voir
priver de ses droits (aides sociales, démarches administratives, etc.). De la même manière, changer de numéro de téléphone portable implique aussi de faire des changements sur certains comptes en ligne, notamment bancaires. On risque donc de précariser encore plus des personnes qui sont déjà fragiles.

Prendre et apprendre le réflexe d’être anonyme en ligne

On ne peut donc pas conseiller à une personne victime de violences conjugales ou de harcèlement de simplement supprimer sa boîte mail, pour diminuer le risque ou de changer de numéro de téléphone. Certaines maisons d’hébergement demandent aux arrivantes de leur donner leur matériel informatique, qui est ensuite mis sous clef, dans un compartiment isolant, mais n’ont pas nécessairement les moyens de proposer du matériel informatique suffisant pour que les femmes puissent continuer à communiquer avec leur entourage proche.

Quelles pourraient être les solutions ? Sur le plan individuel, l’étude suggère de faire preuve de retenue concernant l’utilisation des réseaux sociaux : ne pas accepter n’importe qui en ami — personnellement, mon compte Facebook est vraiment restreint aux intimes, que je connais dans la vraie vie — ne pas donner d’informations de géolocalisation — par exemple, ne pas faire état de son café préféré — ne pas publier de photographies de soi — notamment pour ne pas donner d’indications géographiques, etc.


Mais il paraît évident qu’il y a un manque d’information et de formation sur ces questions précises. On pousse les gens à utiliser de plus en plus l’informatique et les différents outils, mais sans leur expliquer que cela peut se retourner contre eux. Bien entendu, on glose à foison sur l’utilisation commerciale qui peut être faite des informations directes et indirectes, mais on oublie aussi de dire que garantir l’anonymat des internautes peut leur sauver la vie.

On a toute une éducation à refaire : ne pas utiliser les services des GAFAMI pour des choses essentielles, apprendre qu’un service, ça se paie, qu’on n’a pas besoin d’un bidule connecté en permanence, qu’un téléphone portable, ça peut s’éteindre, qu’une webcam intégrée à un ordinateur, ça peut se cacher, etc. Croyez-vous réellement que c’est un hasard si la plupart des pontes de la Silicon Valley sont aussi discrets en ligne ? Qu’ils scolarisent leurs enfants dans des établissements sans informatique ? Il y a des choses, même parfaitement anodines, qui n’ont pas besoin d’être mises en ligne.

Sur le plan collectif, j’invite mes lecteurs à voir si dans leur secteur, les associations d’aides aux victimes de violences conjugales sont formées sur ces questions et si elles ont besoin de matériel informatique, pour permettre aux femmes de ne pas être totalement coupées du monde, notamment pour les démarches administratives."

 

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E
BIEN !
Répondre
L
Merci ! Et tu vois, la relève est bien assurée par ta petite fille : elle a l'esprit vif et le sens de la répartie, digne représentante de la famille !