ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille
14 Décembre 2017
C'est une artiste légèrement désabusée et surtout très fatiguée qui vous parle en direct du deuxième marché de Noël qu'elle démarre avec un immense sentiment que rien ne va plus !
Je vous explique :
Je ne sors que très rarement de l'Atelier. Je sais, c'est pô bien... mais je suis une sociopathe irrationnelle et désespérément irrécupérable, donc du coup... je sors peu et j'évite le monde !
Sauf à l'époque de Noël.
Parce qu'il faut bien mettre du beurre dans les épinards, et vu ce que mes enfants mangent comment épinards (et même comme beurre...), je préfère garder les sous que je gagne pour leur acheter leurs cadeaux de Noël.
En général, une sortie suffit à réunir le budget nécessaire, d'abord parce que j'ai un bon contact avec mes clients (je sais, c'est pas raccord avec la sociopathe que je suis mais c'est ainsi quand même sur le terrain, allez comprendre Papy Charles), ensuite parce que, j'ai peut être beaucoup d'enfants, mais ils ne sont pas exigeants et les cadeaux demandés sont toujours très raisonnables.
Sauf que, cette année, une fois de plus, rien ne s'est passé comme prévu à la Colombière !
Je ne sais pas si cette fameuse crise dont on nous rabat les oreilles depuis des années se terminera un jour, mais je vous garantis que, pour le moment, c'est pas le cas !
Alors, il n'y a pas que moi qui suis dans cette situation. C'est donc pour cette raison que je me suis interrogée, à haute voix, en arpentant les trottoirs glacés des villages où je faisais de la figuration en ces merveilleuses soirées de Décembre dont la Haute Savoie a le secret, et que j'ai pu discuter avec d'autres exposants, que ce soit des artistes, des artisans, des commerçants producteurs, des fabricants...
Je sais bien que je n'arriverais jamais à participer à l'un de ces somptueux marchés de Noël que l'on peut trouver par exemple en Alsace ou dans les pays nordiques... j'ai vraiment l'impression que les haut savoyards n'ont pas plus que ça d'intérêt pour ces manifestations, qu'ils semblent blasés de tout, que rien n'arrive à leur tirer un sourire, qu'ils sont convaincus qu'on ne veut rien d'autre que leur soutirer leurs euros... Je trouve ça dommage, regrettable, presque triste au final. Où est passé l'esprit de Noël ? Où est passée la magie des fêtes ?
J'ai fini par comprendre plusieurs choses : les grands marchés sont organisés par des entreprises spécialisées, et les participants doivent débourser des sommes très importantes pour y participer et s'engager sur plusieurs semaines. Ce qui sous entend d'avoir du stock, beaucoup de stock. Donc ce n'est pas pour moi, ni d'autres artisans d'ailleurs, car qui peut vraiment avoir suffisamment de stocks pour tenir six semaines d'affilé, sans pouvoir produire pendant cette période ? Ce ne sont donc pas des artisans, ni des artistes, qui signent ce genre de contrat...
Ensuite, les autres marchés, plus petits et locaux, sont gérés principalement par des APE ou des groupes de parents d'élèves. L'inconvénient ? d'une année à l'autre, les équipes changent, et la qualité aussi, c'est le poker à chaque fois, les exposants ne savent jamais à l'avance si le travail en amont aura été le même d'une année à l'autre... une année, vous cartonnez, l'année suivante, tout s'effondre et impossible de savoir exactement pourquoi... enfin si, on s'en doute un peu : les équipes d'APE n'ont pas tous le même degré d'investissement et la qualité s'en ressent, indubitablement.
Enfin, vous pourrez me dire que ce sont mes produits qui ne sont pas satisfaisants : oui, je le reconnais, il y a eu des années où c'est ce qu'il s'est passé. Mais pas cette année. La preuve : malgré des marchés décevants, je n'ai plus de stock ! Tout a été vendu, mais par un autre biais que les marchés. Et je réfléchis très sérieusement à d'autres projets pour 2018, ce qui ne sera pas pour me déplaire.
Parce que, tous ont le même sentiment amer que l'année 2017 a été catastrophique et qu'elle ne se termine pas mieux qu'elle ne s'est déroulée... il n'y a pas de client et les rares personnes qui semblent s'être égarées au sein de ces marchés qui devraient être beaux, jolis et pittoresques s'enfuient en courant dès qu'il s'agit d'acheter quoi que ce soit.

Même la botte de poireaux et le morceau de tomme ne suffisent plus à les allécher, alors c'est vous dire moi, avec mes petits tableaux et mes décorations de sapin qui ne servent à rien, le succès international que j'ai pu avoir...
Heureusement pour moi, j'avais donc une botte secrète : mon cher et tendre époux, qui m'a dégottée un plan de rechange de dernière minute, qui nous a sauvé notre saison et permis de mettre plein de cadeaux pour nos enfants sous le sapin.

Alors on ajoutera difficilement du beurre dessus, hein, qu'on soit franc, mais après tout, le beurre fondu sur les cadeaux, ça ne le fait pas vraiment et ça laisse des traces de gras pas raccord avec la décoration ambiante... Donc on s'en passera plutôt bien au final !
Et pour l'an prochain, la Colombière a déjà plein de nouveaux projets, et c'est tout ce qui compte : continuer à avancer, avec le sourire ! Beurre ou pas beurre !
Amicalement,
Isa
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