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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

"La Main Enchantée"

Ou comment le hasard permet à la main heureuse de créer des oeuvres d'art

C'est Jean Dubuffet qui m'aura inspiré mon article du jour, parce que je lis beaucoup en ce moment et que j'étudie une période bien particulière de l'art moderne, probablement à la recherche de... je ne sais jamais trop ce que je cherche en fait, je sais juste qu'il faut que je cherche.

C'est important.

Au cours de mes lectures et autres pérégrinations sur le net, j'ai découvert de multiples artistes qui m'ont soit éblouie, soit interloquée, soit laissée perplexe.

Mais parce qu'il y a toujours quelque chose de positif dans tous les aspects que la vie et la création peuvent prendre, et que j'aime chercher, j'ai découvert un monde fascinant : l'Art brut...

Définition de l'Art brut d'après Jean Dubuffet

"Art Brut : art produit par des non professionnels travaillant en dehors des normes esthétiques convenues, restés à l'écart du milieu artistique, ou ayant subis une rupture sociale et psychologique suffisamment forte pour se retrouver totalement isolés et se mettre à créer..."

Ou encore l'Art des fous, l'Art des dégénérés (même si la référence nazi du terme ne me plaît pas trop...) ou encore la création Hors Normes...

Toute sa vie, Jean Dubuffet sera "en recherche" : il souhaitait plus que tout sortir des chemins conventionnels de l'art, et dès que ses créations avaient du succès et commençaient à être "copiées" par d'autres artistes, il reprenait ses recherches et ses expériences.

Voilà peut être ce qui me parle dans la démarche de cet artiste... plus que ses oeuvres en elles mêmes, je le reconnais !

Des oeuvres très dérangeantes

Jean Dubuffet avait en effet une fascination surprenante pour les créations d'artistes aliénés ou bien marginaux. Il a réuni une collection d'oeuvres de "fous" impressionnantes et reconnaîtra bien volontiers qu'elles l'auront fortement inspiré tout au long de sa vie.

Je n'en suis pas là, même s'il y a clairement certains jours un fond de "folie" dans mon caractère, ou bien de "violence" caractéristique des gens un brin "dérangés"... d'ailleurs, les voisins me traitent de "folle dingue" !

Cependant, une question intéressante : où se situe la limite entre l'art et la psychiatrie, entre la maladie et l'expression créative ? C'est cette interrogation qui a bouleversé le regard des artistes et de la société sur l'art des "fous" au XXème siècle et qui passionne encore les foules aujourd'hui.

Je n'aime pas les oeuvres "brutes", peut être parce que je suis moi même encore trop imprégnée d'esthétisme, de valeurs conventionnelles de l'art, d'équilibre visuel "gentillet et socialement accepté"... je reste finalement une artiste très "conventionnelle".

Un constat s'impose

Je m'aperçois que j'ai fait une terrible erreur ! J'ai toujours souffert de ne pas avoir de "reconnaissance" avec ma peinture et que je suis perpétuellement à la recherche de l'acceptation par mes paires artistes dans leur monde hermétique et fermé... sans parler de la reconnaissance financière et populaire !

Alors qu'en réalité, mon isolement social et mon manque total de formation étaient un formidable atout, l'opportunité de créer sans barrières, sans influences, sans conventions, dans la plus complète liberté d'expression, et je n'ai pas su en profiter, je n'ai pas su m'en contenter, pour aller plus loin et plus vite dans la créativité...

Aujourd'hui, c'est trop tard : moi qui ai fait des efforts d'instructions énormes pour étudier, comprendre et interpréter les codes et autres règles "artistiques", pour faire "comme" si j'avais étudié dans une école d'art, je m'en mords les doigts. Finalement, j'aurai préféré rester dans "mon jus"...

Sans parler de mon compte Instagram ! Créé dans un premier temps avec une pensée purement et carrément mercantile, je voulais juste "être plus vue", pour espérer "vendre plus", et aujourd'hui, je me retrouve à me comparer (en me dépréciant bien sûr...) avec des artistes de tous bords et de tous pays, plus ou moins connus et reconnus, et je suis juste en train de perdre mes repères et mes objectifs.

J'ai le plus grand mal à m'émanciper de ce que font les autres, et je réalise que ce n'était pas pour rien que je m'étais enfermée dans cette solitude artistique, que je refusais tout contact extérieur, que ce soit par les réseaux sociaux ou par les associations avec d'autres artistes, pour ne pas me laisser influencer, pour ne pas me "corrompre" avec les idées des autres, et surtout, pour qu'on ne puisse jamais venir dire que "j'avais copié"... Mon instinct m'avait préservée de la corruption...

Un mal pour un bien

Je me rends compte depuis quelques jours que je panique devant mes toiles blanches, que je cherche je ne sais quoi alors que j'avais déjà défini ma ligne créatrice pour l'année, que je savais exactement ce que je voulais expérimenter et comment. Et que là, patatras, quelques "like" plus tard, je ne sais plus où j'en suis...

Heureusement, j'avais prévu de rédiger cet article depuis de longues semaines déjà, mais je n'avais que le titre : "La Main enchantée", tirée d'une de mes lectures sur le net et qui avait attiré mon attention parce que Jean Dubuffet bénissait la chance que pouvait avoir un artiste "à la main enchantée", qui se laissait guider par elle dans ses réalisations, sans interférences avec un savoir formaté et conventionnel appris dans les écoles d'art.

Il voulait faire table rase de sa formation, revenir à un esprit "vierge" de tout conditionnement artistique. Il aimait particulièrement "ces matières magiques qui paraissent avoir leur volonté propre et tellement plus de pouvoir que les intentions concertés de l'artiste".

La main enchantée... ou la main innocente qui guide le vrai artiste

Une sorte de "main heureuse" qui guiderait l'artiste vers des découvertes et des résultats bien plus "artistiques" que si l'artiste avait guidé cette main...

Je n'avais pas compris à quel point moi aussi j'aurai dû être fière de mon manque de formation, du fait que je sois une "auto-didacte", et que ma manière de peindre, "à l'intuition", n'avait rien à envier aux grands maîtres de ce monde, que j'avais autant ma place que les autres, et que je fais plus que "peindre avec le coeur", je peins surtout avec le besoin de faire jaillir au dehors ce qu'il y a dans ma tête, avec tout ce qui peut me passer entre les doigts, comme je le fais depuis que je suis enfant, et que le manque de moyens matériels n'a jamais été un souci, ni une limite, bien au contraire...

Retrouver mon âme d'enfant, comme lorsque je fabriquais des étoiles de Noël avec le papier d'emballage des plaques de chocolat du goûter précieusement mis de côté par ma mère tout au long de l'année, comme autant de trésors dévoilés et mis en forme pour faire briller bien plus que le sapin de Noël...

Voilà ce que j'ai oublié au passage, voilà ce que j'ai perdu depuis quelques jours : la vraie valeur de ma peinture...

Heureusement pour moi, mon bon sens veille et mes interrogations face à mon manque d'inspiration m'ont vite remis sur le droit chemin.

A bas l'art "culturel", vive l'art "autre" et merci à tous ces artistes d'hier et de demain qui m'ouvrent les voies d'un chemin non tracé, celui où je pourrais continuer à expérimenter et à découvrir d'autres accès vers l'art, quel qu'il soit.

Pas de révolution à la Colombière !

Je ne souhaite pas révolutionner les choses, ce n'est pas pour moi ces choses là, je ne suis pas une contestataire artistique, je n'ai pas le goût de ces rebellions, ni même de ces provocations, je suis bien trop feignante et sociopathe pour ça !

Et puis je ne serais pas certaine d'apprécier ni de supporter l'étiquette que m'apposerait la société...

Jean Dubuffet a été qualifié toute sa vie d'artiste controversé, le public crie à la provocation et à l'imposture devant ses oeuvres chamarrées, d'allure "barbare" et délirante, chacune de ses expositions provoquant scandales sur scandales.

Il reconnaîtra bien volontiers qu'il n'y a aucun savoir-faire conventionnel dans ses oeuvres et qu'il comprend qu'elles puissent provoquer effroi et aversion.

Son travail sera même qualifié de "cacaisme" par un journaliste du Canard Enchaîné ! Pourtant Dubuffet a reçu une formation archi complète aux Beaux Arts et c'est un artiste accompli... quand il veut ! Mais il campe sur sa volonté anti-culturelle, il ne veut pas plaire, ni même vendre, ce dont il peut se passer aisément (le veinard !) de par sa fortune familiale... Il se comporte de manière maladroite délibérément, pour trouver une nouvelle voie plastique.

Dur à porter, quand même !

Non, moi je veux juste continuer à m'amuser et si ce que je veux tester au jour J, c'est les couleurs, ou bien les matières, ou encore les textures, ou tout ça en même temps, et bien je continuerai à le faire, mais à MA manière, sans me préoccuper de savoir si ça a déjà été fait et si quelqu'un d'autre l'a fait mieux que moi.

Parce que "mieux", ça veut dire quoi au juste ? Moi, je veux faire "différent" et comme Jean Dubuffet, je veux faire partie de "ceux qui cherchent".

Ne jamais suivre les voies homologuées

C'est pour cela que je créé autant, et que mon atelier déborde de créations en tout genre... je ne peux pas m'arrêter, il faut que je cherche et que je trouve, et quand j'ai mis le doigt sur quelque chose "d'intéressant", il faut que j'aille plus loin, ce qui m'égare toujours ailleurs...

On m'a souvent reprochée cela d'ailleurs, que mon style n'étais pas "arrêté" ni "clairement défini" et que, par conséquent, j'étais "versatile", "volatile" et que je ne pouvais "que copier" l'art autour de moi, car il n'est pas concevable ni "possible" de changer autant de style, aussi souvent, aussi vite et autant de fois...

J'en ai souffert et je sais bien que j'en souffrirai encore, je l'ai pris comme une critique destructive, or je réalise doucement qu'il n'en est rien en fait... au contraire ! Je dois le prendre comme un compliment car mon comportement est exactement celui que je voulais avoir : chercher, encore et toujours, faire des expériences, des expérimentations, tester, créer, produire, me planter ? recommencer !

Parce que je suis comme ces artistes comme Dubuffet qui font partie de "ceux qui cherchent", je ne suis pas prête de m'arrêter. Même en manquant de place et de moyens pour acheter du matériel, je n'arrêterai pas.

Ces oeuvres d'art brut sont uniques, et ne peuvent pas avoir de liens communs, les unes les autres, et ce serait d'ailleurs complètement dénué de sens que de leur en chercher un... parce qu'elles correspondent à un état d'esprit unique, à l'instant T, au moment où l'artiste saisit son pinceau et commence à créer, sans aucune intention particulière, si ce n'est que de sortir "l'émotion du moment".

Leur seul point commun ? Ne jamais suivre les voies de l'art homologué et de toujours vouloir sortir des sentiers battus...

Conclusion

Aujourd'hui je réalise que je suis exactement là où je voulais être : sur la bonne voie ! Et tant que je n'aurai pas atteint mon but, je continuerai...

Maintenant, je ne ferais jamais d'art "brut", j'ai perdu le profil depuis que j'ai pris le goût à vouloir "être vue"... depuis que j'ai la motivation d'être une artiste, c'est mort pour ce type d'art !

Tant pis, je trouverai une autre voie... ou pas ! J'aime surtout l'abstrait en ce qui me concerne, donc je pense continuer à travailler dans ce sens là.

D'ailleurs au passage, est ce qu'il faut vraiment avoir un but ou bien le voyage en lui même vaut il largement le détour ? Faire des tours et des détours, voilà qui me plait bien, ainsi je n'arriverai jamais au but et j'aurai toujours quelque chose à expérimenter...

Oui, ça me plaît bien, cette idée là !

Et vous, est ce que vous cherchez quelque chose ? Je vous le souhaite !

Amicalement,

Isa

 

 

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