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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

Les Plumeaux d'Isa : "BB est toujours là !"

J'avais levé le pied sur mes publications au sujet du petit plumeau né dans ma volière le 1er mai dernier...

Non pas parce que je ne voulais pas partager avec vous mais parce que je me faisais un sang d'encre pour ce petit, dont le pronostic vital était plus qu'engagé comme disent les spécialistes et dont l'espérance de vie ne tenait qu'à un fil...

Sur le moment j'avais pensé pouvoir gérer comme une grande et je m'étais dit que ça ferait un sujet de post très sympa à partager avec vous... je vous en parlais ici d'ailleurs.

Sauf que... ben non.

En fait, j'ai réalisé très rapidement que sa vie ne tenait qu'à un fil et que, franchement, c'était pas très correct de ma part d'en faire un sujet pour mes articles et surtout, que s'il venait à mourir, j'aurai l'air fine à vous expliquer la chose, sans parler du réel problème émotionnel qui est, en l'occurrence, l'attachement que j'ai développé vis à vis de cette petite boule de plumes...

Du coup, comme disent mes enfants à toutes les sauces, ce n'était pas très moral tout ça et ensuite, je voulais garder toute mon énergie pour m'occuper de lui et il m'en a fallu, de l'énergie, c'est moi qui vous le dis !

Encore aujourd'hui, je ne suis pas tranquille et je m'astreins à une surveillance continuelle... parce que les incidents se multiplient régulièrement dès que je relâche ma garde et qu'il est malgré tout très fragile, surtout vu le retard de croissance qu'il accuse depuis le début. Et s'il n'y avait que ça !

Par exemple, on a failli vivre un drame le soir où il a avalé de travers et où la pâtée, heureusement en très faible quantité, a mal routé vers les voies respiratoires au lieu de descendre dans l'oesophage... et pour l'avoir vécu une fois (c'est déjà bien assez d'une fois), je peux vous garantir que c'est la panique assurée parce que l'issue est très souvent fatale, surtout si une grosse quantité passe... heureusement pour nous, ce ne fut pas le cas et à par un petit enrouement persistant pendant trois jours, tout est rentré dans l'ordre en quelques minutes.

Il faut être fataliste et rationnel : si le petit est toujours là dans la minute qui suit l'accident, c'est qu'il va bien. Sinon, n'allons pas quatre chemin : il serait mort.

Voilà, ça c'est dit, c'est fait, il n'y a pas à tergiverser cinquante ans.

Quand on dit que l'EAM est une méthode dangereuse, qui comporte des risques, ce n'est pas pour rien, croyez le !

Et l'autre incident qui m'a empêché de bosser correctement toute la journée du 27/05, c'est lorsque le petit a décidé qu'il ne voulait plus rester dans son panier, en pleine nuit, et qui est tombé du dit panier...

Résultat : il n'a rien dormi de la nuit, je ne m'en suis aperçue qu'au matin, il s'est fait mal en dessous du jabot au point de saigner et n'a presque rien mangé ce matin là...

Passé la minute d'affolement, on réfléchit et on prend les problèmes dans l'ordre :

- pour le nourrissage, bon, il se rattrapera au prochain repas, et il a quand même pris le minimum syndical, donc ça, ça ira... d'ailleurs quatre heures plus tard, il se jettera comme un goulu sur la pipette de nourrissage, mais je limiterais la quantité pour ne pas l'alourdir davantage et peser sur sa patte endolorie.

- pour la chute du panier, on dégage le panier dare dare, on lui installe des petits tapis recouverts de papier absorbant sur tout le fond de la couveuse, on retire surtout le bol d'eau nécessaire à l'hydratation histoire qu'il n'aille pas EN PLUS se noyer la prochaine fois, et on le cale avec des rouleaux de tissu tout doux pour qu'il ait plus de place et puisse bouger à sa convenance sans se faire mal... je finirais même par sacrifier l'un de mes plaids pour lui confectionner un nid d'appoint tout doux où il pourra se caler les pattes sans trop souffrir et dormir à point fermé... sans oublier de baisser la température de la couveuse parce que, empaqueté comme il l'est, il risque un coup de chaud !

- pour la grosse fatigue, au point qu'il s'est endormi dans ma main ce matin là, on le laisse dormir une petite heure, en le calant bien, puis on le surveille toutes les demi heures, pour voir s'il récupère, ce qui fort heureusement fut le cas...

- enfin, le plus préoccupant : la blessure... il faut savoir que les oiseaux sont hémophiles, donc une blessure ouverte est TRES préoccupante, car il faut stopper le sang rapidement... dans notre cas, il semblerait que ce soit les petits picots de ses plumes qui l'aient blessé au cours de la petite chute qu'il a fait... au bout d'une heure et avec l'aide de mon fils, nous l'examinerons dans la lumière pour faire un état des lieux précis et il ressortira que la petite plaie en dessous de l'aile n'est pas bien grave, et que les traces de sang qu'on trouvera sur le dos et sur la patte ne sont dû qu'à cette petite plaie... je ne ferais rien de plus sur le moment, vu qu'elle ne saigne plus et que le petit est bien fatigué.

- la chose la plus préoccupante au final : l'une de ses pattes semble le faire souffrir et il a du mal à s'appuyer dessus, très clairement. Elle ne semble pas cassée, sinon je ne pourrais absolument pas le toucher sans qu'il hurle, mais je vois bien qu'il a une réelle gêne et qu'il ne veut pas trop qu'on y touche. En espérant que ce soit simplement une légère luxation, je l'ai calé du mieux possible pour qu'il n'est aucun appui sur sa patte et il semble être bien installé puisqu'au moment où j'écris, il s'est endormi direct en grinçant du bec (ce qui, chez les oiseaux, est un signe de bien être... !)

Pour le nettoyage, je m'en occuperais plus tard dans la journée, la priorité est qu'il dorme, qu'il récupère et qu'au prochain repas, dans quatre heures, il soit à peu près remis de ses émotions.

Les miennes en auront à nouveau pris un grand coup, pour pas changer, et je me suis fait la réflexion qu'il ne fallait jamais rien prendre pour acquis dans l'EAM de ces petites choses fragiles, alors que je pensais avoir enfin passé un certain cap difficile, il y a toujours d'autres problèmes qui surgissent et qu'il ne faut jamais jamais baisser sa garde et son attention...

Je continue de compiler mes notes, jour par jour, dans l'évolution et les soins à apporter à un petit zozio de son genre et croyez moi, j'ai rajouté un encart spécial pour rappeler qu'à l'âge de trois ou quatre semaines, les pious commençaient à bien s'agiter à l'intérieur des couveuses et qu'il fallait donc prendre des mesures bien spécifiques pour éviter les stupides accidents comme le mien...

Au moment où je rédige ces lignes, je ne suis toujours pas rassurée...

(je vous rassure tout de suite : dès le lendemain matin, il posait à nouveau sa patte au sol et à ce jour, il n'y a plus aucun signe de gêne !)

En effet, la petite chute peut avoir encore des conséquences dramatiques, notamment en cas de blessure interne au niveau du jabot, très lourd à cet âge, et qui pourrait présenter une hémorragie interne... comme me l'a fait remarqué mon fils ce matin, si c'était le cas, on verrait déjà un bleu apparaître sur le jabot, qui s'agrandirait au fil des heures et qui virerait au noir, signe qu'une hémorragies interne s'est déclenchée et auquel cas, il n'y a plus rien à faire...

Pour l'instant, je vous rassure, et je me rassure moi aussi au passage, ce n'est pas le cas et le jabot ne présente aucune trace visible. Je surveille dix fois par heure, en faisant attention tout de même à ne pas le déranger dans son sommeil, mais tout semble aller pour le moment.

Il bouge beaucoup dans son sommeil, entendez par là qu'il se déplace et change de position, ce qui me laisse penser qu'il n'a mal nulle part et vit sa vie comme il l'entend, ce qui est rassurant à mes yeux. Hélas, je pense plutôt maintenant que sa patte le fait souffrir et qu'il cherche une position plus confortable pour dormir. J'espère que mes petits aménagements vont lui faciliter la vie et l'aider à se reposer, car à partir de maintenant, c'est la seule chose qui compte...

Je vous tiendrais bien entendu au courant et je vous le dis direct : si l'évolution du petit venait à virer au drame, je ne publierais pas cet article.

(bon ben voilà : c'est que tout va bien !!!)

J'ai également pris le temps, quand tout allait bien, de faire des petites vidéos, pour montrer son évolution et voir comme il grandit bien. Car c'est le combat le plus important : faire en sorte qu'il se nourrisse correctement, qu'il digère bien et qu'il prenne un peu de poids tous les jours.

Depuis trois jours, nous étions sur une courbe largement ascendante, avec des prises de poids ENFIN très importantes et significatives, car pour rappel, ce petit a un retard de croissance très prononcé, et notre fierté, c'est que nous avions enfin réussi à réduire l'écart d'environ une semaine par rapport à un oisillon du même âge élevé par les parents.

 

Sur cette première vidéo, Piou (qui n'a pas été encore baptisé, je suis trop superstitieuse pour le moment) a 17 jours... enfin, d'après nos estimations et la date présumée de sa naissance, ce qui n'est pas une science exacte !

Les photos qu'on a essayé de prendre ne donnent jamais rien car il bouge beaucoup trop et elles sont systématiquement floues, d'où les vidéos.

Loin de moi l'idée d'en faire une star ou bien le buzz sur internet !

Non, j'ai trop le respect de cette petite créature. L'idée, c'est plus de garder une trace tangible de son évolution, pour rassurer d'éventuels autres propriétaires de calopsittes et pour montrer que, avec les soins appropriés, de la technique et beaucoup de disponibilité, on peut arriver à sauver quelques vies, malgré l'avis impérial de certains éleveurs sur les forums qui refusent tout net d'aider les propriétaires en détresse, sous prétexte que ce sont des "assassins potentiels" et que l'EAM devrait être leur être réservé, eux les professionnels, eux les seuls compétents en la matière...

Et aussi de me rassurer sur son évolution, lente et difficile, mais évolution quand même, soyons positif !

 

Oui, c'est difficile, oui, c'est compliqué et souvent, l'issu est fatale... peut être parce que la nature est bien faite et que s'acharner à sauver un petit être lorsque les parents eux mêmes, beaucoup plus réalistes, ont lâché l'affaire, ne sert à rien... mais nul ne peut savoir tant qu'il n'a pas essayé, et je préfère encore vivre avec l'émotion d'avoir échoué que le regret de n'avoir rien tenté.

Chacun sa morale...

Je vous dis à bientôt et j'espère avoir d'autres rendez vous à présenter, jusqu'au moment béni où ce petit volera de ses propres ailes et rejoindra les siens dans la volière !

Et où je pourrais enfin me détendre et me dire : "mission accomplie !".

(Et surtout, je pourrais ENFIN faire une nuit complète de plus de 8 heures !)

Une leçon de vie en plus...

Amicalement,

Isa

 

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