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LA COLOMBIERE

LA COLOMBIERE

ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille

La misère humaine... passée au grill !

... celle à laquelle je déteste être confrontée, pas la misère matérielle, la pauvreté, non, la misère intellectuelle, la sécheresse de coeur, la pauvreté des sentiments, l'absence d'éducation, j'aurai peut être mieux dit en parlant de bêtise humaine...

Encore un week end comme il y en a tant à la Colombière, surtout quand il fait beau, à savoir plein de bruits et de fureurs, avec son lot de va et vient, son défilé d'individus groupés en bandes plus ou moins éduquées, son cortège de profiteurs de la vie, la "beauf'attitude" prenant le dessus sur le reste de la population, comme si c'était une maladie contagieuse.

D'où peuvent bien venir tous ces gens ? Il n'y a pourtant pas beaucoup d'immeubles sur la commune, ni de gens qui n'ont pas de jardin, où ils pourraient faire ce que bon leur semble.

Parce qu'on soit clair : vous faites bien ce que vous voulez chez vous, vous hurlez, vous riez jusqu'à point d'heure, vous picolez n 'importe quoi, je m'en tamponne !

C'est juste que, le skate park du coin, ou le jardin public, c'est PAS chez vous !

Ne vous en déplaise...

Ici, l'endroit est blindé, week end après week end, comme le dernier endroit à la mode qu'on se doit absolument de fréquenter, celui où on se réunit entre individus de mêmes vibrations.On sort les boules de pétanque et les cartons de bière, on se soulage dans les bosquets où leurs enfants jouent à cache cache et où ils viennent faire du sport avec leurs enseignants dans la semaine, là où les chiens également font leurs besoins, les mêmes chiens dont on a été obligé de légiférer pour qu'ils n'entrent plus dans le cimetière parce que les mêmes maîtres les laissaient lever la patte sur les pierres tombales...

Et ben oui ! Boire de la bière, ça donne envie de faire pipi après ! Faudrait arrêter d'en donner aux chiens, quand même, c'est pas très responsable, ça...

Bon, qu'on soit clair, je respecte la pétanque, la VRAIE, celle qui se joue manière pro, avec des engueulades polies et sonorement limitées, et qui se finissent avec un pastis, pas celle qui se pratique par chez moi !

 

En parlant de cimetières....

Je lisais encore récemment sur le net des informations plus ou moins fraîches, des réponses de personnes en perdition devant un choix crucial : faut il acheter ou non une maison près d'un cimetière ?

La réponse qui revenait le plus souvent était : "Tu devrais pas être embêté par les voisins !"

La blague pourrie de chez pourrie...

Las !

 

Pourquoi autant de rancoeur ?

Je mets les points sur les i directement : n'allez pas croire que je sois jalouse, envieuse, ou je ne sais quoi d'autre. De tous ces gens qui savent aussi bien vivre, qui s'amusent autant avec trois fois rien, c'est vrai quoi, quelques boules de pétanque, des amis, de la bière (même pas bonne si ça se trouve !). Non, parce que, un jour j'ai lu sur mon blog que, si je ne supportais pas les assemblées joyeuses (!), c'était parce que j'étais triste à mourir et que j'étais jalouse de ne pas avoir de vie sociale, jalouse de n'être jamais invitée à ces soirées, et que j'avais un problème pour lequel j'étais invitée (pour le coup !), plus ou moins poliment, à aller consulter rapidement un spécialiste.

Moi, c'est un tueur à gages que je vais aller consulter ! L'ai je déjà dit ? Ah oui, je crois bien.

Tout ce que je souhaite, tout ce que je revendique, c'est de pouvoir profiter, comme eux, de mes moments de loisirs, à faire ce que je veux, lire dans mon jardin, profiter du calme, rester tranquille chez moi.

Tranquille ?

Non, justement. Et vous savez que c'est mon cheval de bataille, l'injustice qui me fait hurler, intérieurement et tout court, et contre laquelle je me bats chaque jour, chaque nuit, car hélas ! les uns ne sont pas plus calmes que les autres. Et pourtant, j'habite près du cimetière. Où normalement, tout est calme.

Allez, je vous explique !

Le week end dernier, il y  a eu deux enterrements, ce qui est beaucoup pour notre petit village. C'est la vie, c'est la mort, c'est le lot quotidien des humains et vivre près d'un cimentière vous en fait prendre encore plus conscience... cela ne me dérange pas, je me contente juste de ne pas passer la tondeuse lorsque les cérémonies ont lieu et je fais en sorte que mes enfants calment leurs jeux quand un enterrement est prévu.

A ce jour, je me demande ENCORE pourquoi je fais ça ?

Mais quelle idiote je suis ! Pourquoi je persiste à respecter mes semblables ? Pourquoi je persiste à essayer de leur faire comprendre, de leur prendre conscience, que leur attitude n'est pas respectable, qu'ils n'ont pas le droit de se comporter comme ils le font ?

Le pourquoi de ma colère ?

Le week end dernier, pendant que se déroulait l'un des enterrements, des gros beaufs que j'ai le déplaisir de connaître qui plus est, car ils habitent la commune, ils y ont même une maison, avec jardin, dont la fille va en classe avec la mienne, ont eu la richissime idée de faire...

Un barbecue...

Oui, vous avez bien lu.

Négligemment adossés au mur du cimetière, le parasol rouge "coca cola" ouvert comme un étendard, les tables en plastique, les glacières, la poubelle pour mettre les bières au frais, remplie avec l'eau prise au cimetière justement, et le demi tonneau qui va bien pour faire le barbec'...

Ah, j'oubliais : les cubiks de rosée bien en vue, pour pousser les saucisses, bien sûr...

Devant mon air consterné, et celui de pas mal de gens dans le cortège funéraire, ils m'ont prise à partie et ont commencé à m'insulter, me traitant de chieuse, bien sûr, alors que je me contentais de rester calme et de leur dire que j'étais choquée.

"... z'avez qu'à regarder la télé si vous voulez être choquée, nous, on ne fait rien de mal !"

"... toutes manières, le bruit, y'en a partout, on peut rien y faire !"

"... z'avez qu'à porter plainte contre les cloches de l'église pendant que vous y êtes "

A noter que mes pauvres cloches, elles me tenaient plutôt compagnie, car l'église jouxte elle aussi ma maison, mais il se trouve que, depuis la construction d'un immeuble HLM, les habitants ont obtenu qu'elles ne sonnent plus, les cloches, parce que ça les dérangeait le matin et qu'ils ne pouvaient pas dormir...

"... on est sur un lieu public, on fait ce qu'on veut !"

Y compris picoler comme des trous sans fond ??

Donc, moi aussi, j'ai le droit de faire ce que je veux ? Et de vous dire ce que je pense de la situation ? Ah, ben non... ça ne marche JAMAIS dans les deux sens. Eux ont le droit, voire tous les droits, mais moi j'ai le devoir de la fermer, de la boucler et de pas faire ch... le monde.

"... z'avez pas à nous dire ce qu'on doit faire, la loi, on la connaît, on fait ce qu'on veut !"

C'est vrai que personne ne sait qu'il est interdit de consommer de l'alcool sur la voie publique, surtout pas à près de quarante piges... et je savais pas qu'il fallait une loi pour convaincre les gens de respecter le malheur des autres...

Car, au cours de ce monologue hystérique, j'ai fini par apprendre que le monsieur avait 36 ans, qu'il n'était pas d'ici, qu'il faisait donc ce qu'il voulait, qu'il n'avait pas de leçon de morale à recevoir, ce que je ne lui ai jamais donné d'ailleurs, autant donner des perles à un cochon, et le comparer avec ce pauvre animal eut été grossier de ma part... pour l'animal en question,

et aussi, que j'avais de la chance qu'il ne soit pas plus bourré, sinon il m'aurait déjà sauté à la gorge et m'aurait purement et simplement égorgée...

Comme dit mon mari, ça coûte cher, des menaces de mort, même sans témoin... jamais aucun jeune, enfant, paumé, n'avait été jusqu'à me menacer aussi agressivement, mais je savais qu'à partir de la trentaine, les mecs deviennent parfaitement ingérables, des ados m'avaient en effet signalée qu'ils avaient des problèmes avec des hommes violents qui les prenaient régulièrement à partie, qui voulaient en découdre avec eux, comme ça, au premier prétexte venu. Des gamins de 15 ans... mais on va où, là ? C'est l'approche de la quarantaine qui les fait flipper ? Faut qu'ils se prouvent qu'ils peuvent encore se mettre sur la gueule avec le premier venu ? Mais pour mettre toutes leurs chances de leur côté, ils les prennent pas trop grands, pas trop baraqués, pas trop expérimentés ?

Moi, on m'a toujours dit : "prends un adversaire à ta taille !!!". Bon, je suis petite, du coup je ne me bats pas trop souvent...

 

Comme quoi, qui a dit qu'on gagnait en maturité passé un certain âge ?

Ses compagnon et compagnes ont essayé de le faire taire, mais peine perdue, plus je gardais le silence, et plus il montait dans les tours. J'ai récupéré ma fille, ce que j'étais venue faire à la base, sous leurs quolibets et leurs plaisanteries douteuses : "vous pouvez la laisser, on va pas la faire picoler, on est des gens responsables, nous !". Pourquoi en aurai je douter ???

 

Le lundi matin, à l'école, leur fille demandera à la mienne : "pourquoi t'es partie samedi ?".

Probablement que la gamine voulait s'entendre dire des horreurs du genre "parce que tes parents sont des gros cons ?". Mais nous en avions discuté toutes les deux et on avait décidé de s'en tenir à la vérité, à savoir : "Je devais rentrer à la maison pour aider maman et passer l'aspirateur dans ma chambre, c'était mon tour".

Réponse de la gamine : "Parce que c'est PAS ta mère qui fait ça ? Quelle honte ! Moi je ne le fais jamais, c'est ma mère qui s'en occupe, en plus la tienne, elle travaille pas ? Elle peut pas le faire elle même ?". Que dit le dicton déjà ? Nous n'avons pas les mêmes valeurs ?

 

Je crois que je vais vomir...

Amicalement,

Isa

 

PS : les week end se suivent... et se ressemblent ! Plus ou moins drôles, selon les individus.

Cette fois ci, il m'a fallu convaincre deux jeunes adolescents que non, le toit de l'école publique n'était pas un terrain de jeux, et que non, ils n'avaient pas le droit de faire ce qu'ils voulaient, à savoir y passer deux heures à papoter comme si de rien n'était, et que non, ils n'étaient pas aussi discrets qu'ils le croyaient, puisque je m'étais bien rendue compte de leur présence, et cela, depuis mon salon, vu que la configuration des lieux fait tout résonner et que, lorsqu'on est juché sur un toit à rigoler, ben le bruit redescend et tout le monde vous entend !!!

Enfin, surtout moi.

Et que, non, ce n'était pas anodin, et que non, ils n'étaient pas des pigeons, et que non, ils ne pouvaient pas rester là, et qu'ils auraient beau essayer de me convaincre du contraire, la situation n'avait rien d'anodin, et qu'il n'était pas très orthodoxe de rester à califourchon sur les tuiles faîtières d'un toit, même s'il vous appartient.

Bon, "orthodoxe", je crois qu'ils n'ont pas compris ce mot...

Et que, non, ils n'étaient pas les premiers à avoir déjà eu cette idée saugrenue, désolée pour eux, et que non, je ne partirais pas avant qu'ils ne soient redescendus parce que je me faisais du souci pour eux.

Et oui. Sincèrement. Parce que je suis une idiote.

 

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