ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille
15 Février 2021
J'avais pas spécialement envie de faire un article sur la nouvelle année, les voeux à faire et à recevoir, les bonnes résolutions à prendre et à oublier aussitôt, bref, la routine de début d'année, toussa toussa, quoi.
Alors je l'ai pas fait. Na.
Première résolution de l'année : faire comme j'ai l'habitude de faire, à savoir, ne rien faire. Et même si j'avais voulu faire autrement, je n'aurai pas pu.
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De toutes manières, je n'ai presque pas reçu de bons voeux, à part de trois amis qui tiennent vraiment à moi et de quelques membres de ma famille. Les autres, pas vus, pas pris.
J'avais fait le pari il y a déjà quelques années de cela, bien avant l'ère Internet et ses superbes cartes virtuelles à la Dromadaire, que désormais, je n'enverrais plus de cartes de voeux qu'aux personnes qui m'en enverraient en premier, elles.
Je ne surprendrais donc personne en disant que je n'ai plus jamais envoyé la moindre carte de voeux... vu que je n'en ai jamais plus reçu.
Et pourtant, je continue d'en acheter !
Mais uniquement parce que je les trouve magnifiques, qu'elles me font envie, que j'aurai rêver d'être celle qui les a dessiné, et que je garde pour moi.
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Maintenant que ça, c'est fait et dit et écrit, je passe à la suite.
Certains y croient dur comme fer et réclament des "fucking confettis" pour la nouvelle année, d'autres veulent depuis longtemps que "Kevin mette des paillettes dans ma vie", moi je n'ai envie de rien, de rien, de rien.
Ah si ! Une nouvelle maison dans une zone de silence absolu, mais ça, il paraît que, petit un, ça n'existe pas, et petit deux, je ne suis pas une personne "bien qui mérite tout ça", alors je devrais continuer à me contenter de ma p'tite maison en plein lotissement de bobos plein de bons sentiments qui laissent sa marmaille s'exprimer et s'époumoner à longueur de journées sous mes fenêtres, sous prétexte qu'il est "interdit d'interdire en 2021"...
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Le mois de janvier a été et est par définition un mois de vraie déprime, et je ne suis pas la seule à y laisser des plumes. Et je ne parlerais pas de la situation sanitaire, qui se dégrade d'heure en heure, mais dont on refuse de prendre conscience ou dont on a marre, au choix.
Le lundi 18 janvier dernier, j'étais à un réunion dite "table ronde d'orientation" pour mon second fils qui, à la moitié de son année de 3ème, se doit de décider "là maintenant tout de suite" ce qu'il veut faire de sa vie, autrement dit "on le met où, l'an prochain, M'dame ?".
Pourquoi je psychotte là dessus ? Je suis déjà passée par là pour mon fils aîné, il y a cinq ans, alors c'est pas comme si je ne savais pas à quoi m'en tenir.
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"Et la palme d'or revient à..... ".... lors de ma réunion avec Théo, c'était à la conseillère d'orientation que j'aurai mis des tartes. Alors que le proviseur et tout le corps enseignant réuni félicitaient mon fils pour son futur plan de carrière qui semblait blindé et inattaquable vu ses résultats scolaires, elle avait ramené sa fraise en déclarant que, franchement, 13 de moyenne en anglais à l'issue du premier trimestre, c'était scandaleux et qu'il n'allait pas aller loin dans ses projets s'il ne se reprenait pas dare dare, et surtout, qu'il ne semblait pas vraiment en avoir pris conscience.
Je me suis demandée ce qui n'allait pas chez certains êtres humains de cette fichue planète. Pourquoi être aussi méchant et si peu compatissant ? Et, depuis, je n'ai toujours pas trouvé de réponse à ma question.
D'autant que, (je le lui dis maintenant, à la CPE ou je me le garde pour plus tard), avec une moyenne annuelle de 16 sur 20 pour sa première année de fac, Théo vient de remplir avec succès son dossier Erasmus pour passer sa licence de Bio tout en anglais l'an prochain, probablement en Norvège ou en Finlande ... et que, franchement, c'était peut être pas la peine d'en faire tout un plat à l'époque ?
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Je me demandais bien ce qu'ils allaient m'inventer, ce fameux lundi, au sujet de Virgil... ben pas grand chose au final ! On a probablement été sauvés par le port du masque qui masque tout, surtout nos envies de discussions prolongées...
Pour couronner le tout, ce lundi, nous étions le 3ème lundi de janvier, catalogué "le blue monday" du mois de l'année le plus déprimant. Alors, oui bien sûr, il s'agissait d'un canular d'une agence de pub en mal de scoop, qui a fait du démarchage auprès de toutes les universités du coin pour trouver un prof qui accepterait de signer un rapport assorti d'une magnifique équation pour prouver par A+B que ce lundi se devait d'avoir mauvaise presse.
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Bien sûr, le gars en question a empoché un joli petit chèque et il a réitéré en pondant une autre équation qui prouvait elle aussi pourquoi le jour machin était cette fois ci le plus gai de l'année ! Et au passage, il a avoué lui même qu'il avait fait ça pour le fric et que son équation valait ... peau de balle !
L'opération ne visait qu'à pondre une campagne de publicité pour une agence de voyage qui voulait convaincre les britanniques d'acheter des billets d'avion pour des destinations ensoleillées...
De plus en plus déprimant, le mois de janvier...
Vous allez me dire : "Et depuis 2005, tu découvres le truc seulement maintenant ? Pas rapide rapide, la fille...". C'est pas faux.
Même si j'ai depuis longtemps, comme tout le monde, combiné avec peu de succès la déprim' du dimanche soir, le blues du lundi matin et l'angoisse du mois de janvier.
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Non ? Vous, ça vous fait pas la même chose ? Ah ben voilà... je savais bien que j'étais dépressive !!!!
Et de lire des tas d'articles plus ringards les uns que les autres qui m'expliquent, très "doctossimo", que c'est logique cette date, que finalement, c'est pas déconnant, cette analyse à peine subtile de la situation à cette époque de l'année, et qu'il faut surtout RESISTER à autant de pression médiatique, que depuis le temps qu'on nous en parle, il ne faut plus se laisser avoir par une campagne aussi grossière que lourde.
Alors je dirais pour ma défense : j'ai de la marge, puisque je découvre, là maintenant en 2021, l'existence de la chose. Donc je ne suis pas si exposée que ça à tous ces courants médiatiques, et donc, je peux bien m'y attarder une petite seconde.
Et surtout, quand je lis "la vie est belle, souriez, profitez !" en réponse au blues existentiel que certains d'entre nous traversons, c'est moi qui me marre devant un remède aussi simpliste qu'égoïste et qui consiste, tout simplement, à ignorer ce qu'il se passe dans la vie de son voisin, tout en essayant de se convaincre que notre vie à nous, elle est bien plus intéressante et lumineuse que celle des autres.
FDG... Foutage De Gueule version XXXL !
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Et encore une fois, je ne parle pas du coronavirus ! Car, égoïstement, pour le moment et je touche du bois, j'ai réussi à tenir cette cochonnerie loin de ma famille, loin de mon foyer. Et je fais comme tout le monde, ben oui, j'ignore ce qu'il se passe autour de moi : les abrutis anti masques, les extrémistes anti chinois, les complotistes anti vaccins, et toute la clique.
Je ne me lamente pas en choeur avec les gens dits normaux qui, eux, ont une vie sociale (sous entendu, je n'en ai aucune de toutes manières), donc qu'est ce que ça peut faire que je sois pour ou contre la fermeture de leurs restaurants préférés et de leur boite de nuit spécial pécho ?
Je ne relève même plus les imbéciles qui ,malgré tous les dessins possibles et imaginables concoctés par des hordes d'experts en pédopsychiatrie, ne parviennent toujours pas à comprendre comment porter leur masque correctement, à savoir SUR le nez et pas en dessous.
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Le monde change, oui, mais dans quel sens ?
Je ne m'offusque même plus de tous ces petits vieux qui, aux heures de pointe, sont tous clopin clopan dans les magasins, à faire la queue serrés-collés contre tous ceux qui, victimes du couvre feu instauré de manière plus ou moins équitable entre les différentes régions, se dépêchent de faire deux trois courses avant de repartir bosser le lendemain pour payer les taxes d'une société qui essaye de nous faire croire qu'on est tous solidaires et soucieux de tous ses membres. Alors que chacun campe sur ses positions et n'entend pas changer quoi que ce soit à sa façon de faire, sous prétexte que "la vie doit continuer"...
Quant au couvre feu, j'en parle de ces "anti" qui résistent encore et toujours à leurs manières de ploucs gallo-gaulois à peine dégrossis et qui squattent sous mes fenêtres en pleine nuit, de préférence lorsqu'il pleut, pensant par là que personne ne sortira pour leur dire quoi que ce soit, surtout pas les flics ?
Et donc non, je ne parlerais pas du coronavirus ! Parce que je ne suis pas concernée par tout ça, parce que je vis en marge de la société, tout en étant confrontée malgré moi à ce qu'elle inflige de pire à ceux qui vivent dans ses marges : l'incompréhension, l'irrespect, l'invisibilité, le rejet...
Vous trouvez que je noircis le tableau ? Si peu, si peu... ok, peut être un peu !
Mais c'est la faute du "Blue Monday of January" !
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Comment ça, on est mercredi ????????
Amicalement,
Isa
PS : vous l'aurez compris, je l'espère, mon ton au vitriol était un brin exagéré, et quoi que... Je suis actuellement au plus bas de mes capacités physiques, mon corps ayant décidé qu'il était grand temps que je m'effondre.
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Je suis depuis plusieurs semaines en pleine crise de vertiges, appelée par mon doctorant médecin "vertiges de Ménières", et j'en suis réduite à la plus simple des manoeuvres, à savoir, rester allongée et subir les assauts vertigineux du truc, mon cerveau ayant le plus grand mal à distinguer la réalité de l'illusion. Pas facile pour moi de gérer, mais c'est encore pire pour mon entourage qui ne sait pas quoi faire pour m'aider, vu qu'il n'y a rien à faire, à part dormir et reprendre du poil de la bête.
Une certaine forme de dépression peut être, ou bien une fuite désespérée de mon quotidien ô combien déprimant, sans doute. Cette maladie me force à l'arrêt tous les dix ans environ, du moins pour les formes les plus graves qui durent en général entre une et trois semaines, mais j'ai également quelques épisodes dans l'année qui, eux, heureusement, ne durent jamais plus de trois ou quatre jours.
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Les médicaments aident mais ne font pas grand chose de plus et je continuerais encore quelques jours à faire des tours "d'hélicoptère la tête à l'envers" avec mon billet "No Limit" pour glisser encore et encore sur des montagnes russes imaginaires, tout en me retenant de vomir la glace double parfum invisible que je n'ai pourtant jamais mangé...
Et de temps en temps, j'alternerais avec l'impression de tomber dans un puits sans fin dès que je voudrais juste changer de côté pour soulager mon dos douloureux.
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Je vous souhaite d'avoir commencé l'année sous de meilleurs horizons, je n'ose pas me plaindre d'un mal aussi banal au final (pour moi, en tout cas, puisque je connais bien le processus, depuis toutes ces années) quant des gens tombent malades par milliers autour de nous et qui n'auront peut être pas la chance de s'en remettre.
Ces articles ont été préparés à l'avance, et quelques minutes par jour, selon le répit quotidien que j'ai, me permettent de les mettre en ligne, car croyez moi, impossible de tricher avec cette maladie, ceux qui connaissent comprendront.
Et merci aux autres de ne pas critiquer !
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