ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille
27 Mars 2019
Cette citation pleine d'humour (quoi que...), je l'ai trouvé ici lors de mes recherches récurrentes sur internet. Pour le reste de l'article, je vous laisserai juger par vous même.
En ce qui me concerne, j'étais pleine d'espoir en cliquant sur le titre et j'ai vite déchanté : encore un article qui n'apporte aucune réponse concrète, parce qu'en réalité, il n'y en a pas.
Soit vous avez les moyens (parce que votre job actuel vous permet de faire des économies en prévision "de" ou d'utiliser le fameux CIF, soit parce que votre conjoint vous soutient, soit parce que vous êtes riche, tout simplement !), soit vous avez le réseau nécessaire pour vous aider.
Perso, je n'ai ni l'un ni l'autre, et ayant 6 enfants à charge, je suis plutôt du genre à privilégier LEURS études à eux plutôt que les miennes.

Pourtant, depuis quelques années, chaque début d'année, je me repose quand même la même question : qu'est ce que je pourrais bien faire pour améliorer mon avenir professionnel ? Et si je pouvais reprendre une activité professionnelle quand les enfants seront partis de la maison ?
N'allez pas croire que je sois sortie de l'école "sans rien" ! J'ai un bac+2, un certain niveau d'éducation, j'ai exercé une activité professionnelle pendant dix ans mais je n'aimais pas ce que je faisais. La vie fait que j'ai choisi une formation qui devait me mener rapidement à un emploi, parce que c'est ce dont j'avais besoin à tout prix à l'époque mais avec le recul, je sais bien que ça ne m'a pas apporté grand chose.

Dans trois ans, j'aurai 50 ans, et j'aurai passé 20 ans "à la maison", en dehors des circuits traditionnels d'emploi.
Pas très bon pour ma future retraite, vous vous en doutez, et pas glorieux non plus pour mon moral. Quant à mon CV, autant dire que ça le plombe carrément.
Si encore, mon entreprise avait cartonné pendant toutes ses années !
Oui, j'ai eu des petits succès, des petites victoires, des petites réussites... mais tout est petit dans ma vie ! Sauf mon mari, du haut de son mètre 90...
Alors comme beaucoup de personnes, j'ai eu envie de reprendre des études, ou bien une formation, qui pourrait m'apporter l'assurance et la reconnaissance que je recherche depuis quelques temps déjà.

J'ai trouvé plein de choses, envisagé beaucoup de choses, de la plus réaliste à la plus farfelue, selon l'humeur du jour et la température de ma tasse de thé :
- Des sites qui aident les femmes à se reconvertir ou à trouver un nouveau job, j'en ai trouvé plein. Et j'ai vite perdu le peu de moral que j'avais. Les pistes sont maigres et la détresse des femmes dans ma situation palpable. Les pages de commentaires, ou plutôt d'appels à l'aide, étaient bien plus nombreuses que les articles eux mêmes.
- A un moment, je me suis même dis : mais c'est pas possible ! Toutes les personnes qui ont changé de vie ont fait la même chose : soit créer un site de coaching et trouver d'autres personnes motivées qui payent à leur tour pour changer de vie, soit créer un blog pour montrer tous leurs voyages et la manière qu'ils ont de se faire payer pour ça.
Sauf que je ne veux ni l'un, ni l'autre.

- Sinon restait le blog avec des chats... LE truc à la mode... mais mes chats n'ont pas voulu coopérer... z'ont pas encore compris comment je payais leurs croquettes !
- J'ai envisagé un CAP Petite Enfance, le plus facile à faire à distance, mais relativement coûteux quand même, et qui ne m'aurait mené qu'à une seule chose, Assistante Maternelle. Or, j'ai réalisé que je ne pouvais pas m'occuper des enfants des autres uniquement pour de l'argent. Je me connais, ma haute sensibilité fait que je vais trop m'attacher et je vais baffer certains parents. Donc j'ai vite renoncé. Et l'image que j'en ai, des assistantes maternelles, est des plus négative. Je suis entourée dans ma commune d'un nombre incalculable de ces mères de familles reconverties en AM, uniquement pour le pognon. Non merci.

- Dans un grand moment de douce folie, j'ai envisagé de devenir Thanatopracteur... C'était vraiment le truc que je voulais faire. Je suis à l'aise avec le sujet, très respectueuse, c'est un monde dans lequel j'évolue sans problème. Mais quand j'ai vu le coût final pour la formation et la difficulté de débouchées, je suis partie en courant. Si j'avais 20 000 euros à dépenser, ce ne serait sûrement pas pour une formation qui ne me mènera... nulle part.
- Alors carrément en plein délire psychédélique, je me suis imaginée... Maître Fauconnier... bon, j'ai vite abandonné aussi, les seules débouchées auraient été éventuellement dans l'armée de l'air et j'ai passé l'âge du recrutement. Quant à bosser dans un parc d'attraction, même pas en rêves. Et puis c'est un investissement de toute une vie : pas question de partir ni en week end ni en vacances si personne de compétent n'est là pour s'occuper des oiseaux, avec déjà plein d'enfants et d'autres animaux dont je suis responsable, ma vie est bien assez compliquée comme ça. Donc, on oublie.

- Et pourquoi pas Art thérapeute ?... vu que je suis une artiste, plutôt sensible et clairvoyante, c'est vite devenu un secteur qui m'intéressait vivement. Sauf que... j'ai vu certains soi disant professionnels "oeuvrer" et je suis partie en courant. Sans parler du fait qu'il faut être "un artiste accompli ET reconnu"... autrement dit, être diplômé d'une école d'art, ce qui n'est pas mon cas. Oui, je peux toujours passer par la case "année de prépa" et peut être que je le ferai un jour, mais j'ai vite réalisé que la mentalité du métier risquait fort de me déplaire au plus haut point...
- du coup me suis je dis, si je ne veux pas travailler sous les ordres de quelqu'un, autant devenir celui qui décide... psychologue ? Et pourquoi pas, tiens !

Google est mon ami dans ces cas là, et j'avais de toutes manières une petite idée de ce que j'allais trouver. Une chose est certaine, j'allais devoir intégrer une université et ça tombe bien, parce qu'on en a plusieurs pas très loin de la maison, donc côté organisation et trajets, c'est jouable...
Oui, mais voilà...
Il faut trouver le financement. L'argent, c'est tout de même le nerf de la guerre et difficile de tout laisser tomber pour passer mes envies avant celles des autres quand, comme moi, on a l'idée que les enfants sont prioritaires, que leur jeune vie mérite toute notre attention et qu'il n'est pas question que je leur demande des sacrifices pour réaliser mon plan de carrière.

Pour moi, la facture s'allonge donc de critères difficilement chiffrables mais qui sont toujours trop élevés pour que j'y consente.
Les jumeaux ont encore une dizaine d'années d'études, au minimum, devant eux. Mon aîné partira en octobre faire sa rentrée universitaire, Kerian enchainera deux ans plus tard, puis les quatre derniers dont les départs s'enchaineront à toute vitesse sur deux ans...
Je reprendrais mes réflexions lorsqu'ils seront sur la bonne voie, celle de leur réussite.
Je sais, ça fait cliché, du genre "oh, elle se sacrifie pour ses enfants !".
Non, je n'en suis pas là, et j'ai une vie bien établie dans laquelle mes enfants n'ont pas toujours la primeur, et ça les énerve bien d'ailleurs !
La question est vraiment purement financière : si demain matin je trouve une réponse à cette problématique, promis, je me lance.

Après m'être assurée que mes enfants auront eux aussi tout ce qu'il leur faut pour commencer ou poursuivre les études qu'ils auront choisi, pour se fabriquer la vie dont ils ont envie.
Je dirais que je ne dis pas non, mais je dirais aussi que je dis que c'est pas pour tout de suite. Et je dirais ensuite que ça me laisse du temps pour peaufiner mes envies, et aussi, du temps pour mettre de l'argent de côté "pour moi" et mes projets. Et il en faudra, de l'argent ! Car une constante demeure : reprendre ses études à l'âge adulte, quand on n'est pas en activité, qu'on a pas droit au CIF, qu'on n'est pas demandeur d'emploi, bref quand on a aucun statut (oui, celui de mère au foyer n'existe pas, arrêtons d'être hypocrite !), il faut se débrouiller seule pour arriver à ses fins et ce n'est pas toujours évident.
Je ne dis pas que c'est impossible, je dis que c'est difficile. Même si on veut nous faire croire que tout est uniquement une question de volonté, parfois, la seule volonté ne suffit pas.

Par contre, je sais que j'y arriverais. Je ne sais ni quand ni comment, mais ça, ce n'est pas le plus important à ce stade de ma vie.
Rendez vous dans dix ans ?
Amicalement,
Isa
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