ou l'Art de s'emmêler les pinceaux entre Atelier et Vie de famille
2 Décembre 2020
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Chaque année, on prend les mêmes et on recommence... A savoir que mon couple infernal, Kreek et Rang, se mettent à pondre (enfin... surtout la femelle), puis couvent avec assiduité pendant 30 jours et lorsque les bébés sortent et montrent le bout de leur bec... désertent le nid ou jettent tout ce petit monde par dessus bord !
Quatre ans qu'ils se reproduisent, quatre ans que le même scénario se joue...
La première année, je n'ai rien pu faire, tous les jeunes sont décédés sans que je puisse intervenir. Puis la seconde année, j'ai commencé à tenter les sauvetages. Je n'ai pas réussi non plus et seules deux petites femelles ont survécu et ont été élevées par les parents.
A chaque fois, je remarquais que c'était des bébés face blanche qui décédaient. Les autres mutations ne posaient pas de problème aux parents. C'est ainsi qu'ont survécu Pearl et Opale, la seconde soeur étant décédée brutalement sans que je sache trop de quoi, probablement d'un accident ou d'une collision (ce qui revient au même).
La troisième année, j'ai réussi à sauver Reiwa. Je vous en parlais ici et là. Reiwa s'est avérée être une gentille "fifille", autrement dit une femelle, et ce malgré son caractère très déterminé lorsqu'elle était petite et qui m'avait laissé penser, en plus de ses sifflements puissants, qu'elle était un mâle. Son adolescence a été... mouvementée !
En résumé, une vraie chipie. Encore une preuve que l'EAM ne donne pas toujours des oiseaux dociles.
Mais avec le temps, Reiwa est devenue un oiseau formidable. Elle est beaucoup plus calme que lorsqu'elle était "enfant", elle reste très bien apprivoisée, vient me voir tous les jours pour des séances de câlins (qu'elle contrôle complètement, n'hésitant jamais à me "crier" dessus ou à me "choper" le doigt si je ne fais pas comme il faut, mais le tout sans la moindre agressivité), bref c'est un amour de plumeau. Et elle est tellement belle en plus !
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Puis cette année, il y a eu le confinement.
Mes oiseaux ne se sont pas arrêtés de vivre pour autant. Les mauvaises langues diront qu'ils étaient de toutes manières déjà confinés, eux. Pas faux, même si leur volière est particulièrement spacieuse, et que je projette encore de l'agrandir si je peux.
Et dès le premier décès, j'ai su que ça allait partir de travers... deuxième jour (le 1er mai), encore un petit "mort" éjecté sur le côté... je prend délicatement le petit corps entre mes doigts pour le sortir du nichoir, et je le mets dans ma main, pour l'enlever de la volière. Seulement, le temps que je sorte, je réalise que le petit est toujours en vie ! Très faible, complètement frigorifié, mais bien vivant ! Je galope à la maison et je fais installer fissa la couveuse. Le temps qu'elle monte à la bonne température, je mets le petit au chaud... dans mon décolleté !
Oui, riez si vous voulez, mais c'est là que ma propre chaleur corporelle allait pouvoir faire le boulot, à savoir réchauffer le plus vite possible ce petit être.
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Une fois la couveuse prête, je l'ai installé comme d'habitude : calé dans une chaussette avec du coton.
J'avais encore de la pâtée d'élevage en réserve (au congélateur, pour être précise. Je sais que certains le déconseillent mais je préfère ça pour gérer les urgences que rien du tout). Dans la foulée, je faisais une commande express sur Amazon pour me faire livrer le plus rapidement possible une pâtée plus fiable et plus fraîche.
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Là les ennuis commencèrent... d'abord, le Gouvernement faisait des histoires à Amazon, leur interdisant de pratiquer leur activité, et le traitement des demandes était donc ralenti. Malgré un compte Premium, le colis ne pouvait pas arriver en moins de 6 jours... Bon, j'avais assez de poudre pour tenir jusque là, donc ça pouvait encore le faire... puis le jour de la livraison prévue, je consulte mon compte et je réalise avec effroi que mon colis a été retourné le matin même pour cause de "détérioration" sur le quai... autrement dit, quelqu'un avait écrabouillé mon colis et la poudre s'était répandue partout, le sac était inutilisable...
A ce moment, je pars direct en panique.
Mon mari prend les choses en main et appelle la plate-forme téléphonique. Nous sommes pris en charge par une personne adorable qui comprend tout de suite notre détresse et s'engage personnellement à nous faire une nouvelle commande dans l'heure, avec une livraison sous 24 heures.
Tout se passera comme elle nous l'avait promis, avec même un bonus non négligeable : nous ne serons pas débités de la nouvelle commande et les frais de port seront offerts. Bébé piou allait enfin pouvoir être nourri correctement !
Sauf que.
Pour rappel, mon piou avait trois jours de vie au moment de la commande. Il en a à peine dix au moment où arrive enfin le colis sauveur. Mais j'avais déjà constaté un problème inquiétant : avant même que je ne commence le nourrissage, le petit présentait un problème d'air dans le jabot. J'arrivais à chasser l'air très doucement au moment du nourrissage mais le jabot regonflait rapidement ensuite.
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Je cherche dans mes tablettes et je vérifie bien un point très important : l'air était dans le jabot et non pas dans les sacs aériens. Ce qui aurait signifié un problème tout aussi grave, à savoir une infection et un traitement nécessaire au Baytril, que je n'avais bien sûr pas en ma possession... mais ce n'était pas ça.
J'ai fini par trouver ce que piou avait : au bout de quelques jours, j'ai découvert des filaments blanchâtres dans sa gorge. Autrement dit, Bébé avait une candidose, ce qui au final m'a semblé clair comme de l'eau de roche ! Je l'avais deviné mais je ne m'en étais pas préoccupée avant : les parents étaient (et doivent toujours être...) porteurs sains, et ils refilent la candidose à chaque nouveau né dès qu'ils commencent à les nourrir. Au bout de quelques jours, l'état empire et les parents rejettent le petit, sentant qu'ils ne doivent pas s'investir pour un petit qui risque de mourir...
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Je savais qu'il me fallait un produit bien spécifique pour le soigner et que ça ne serait pas compliqué pour le sauver une fois que j'aurais le médicament en question, à savoir un produit pour bébé humain : du Daktarin.
Seulement voilà, c'est un médicament qui ne se délivre que sur ordonnance. Malgré des dizaines d'informations contradictoires trouvées sur le net, qui me disaient que ce produit pouvait être obtenu sans ordonnance, le pharmacien m'a dit que ce n'était pas vrai, qu'une ordonnance médicale avait toujours été nécessaire pour la délivrance de ce médicament.
Pourtant, tous les jeunes parents (humains) en ont dans leur pharmacie, le muguet du bébé étant un grand classique. Mais moi, je n'en avais plus.
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J'ai tout essayé : le pharmacien n'a rien voulu entendre... les deux vétérinaires que j'ai contactés ont même carrément été odieux... le premier m'a dit clairement que, sans voir l'animal, il ne lèverait pas le petit doigt... j'ai eu beau lui expliquer la complexité d'un déplacement (je n'ai pas de batterie pour faire fonctionner ma couveuse, désolée qu'elle ne soit pas aussi perfectionnée, et je fais comment pour tenir un petit au chaud durant plusieurs heures, le temps du déplacement ?), rien n'y a fait, il a fini par me dire que, de toutes manières, il n'y connaissait rien en oiseaux... le second, un spécialiste aviaire chez qui j'ai un (vieux) dossier client a lui sous entendu que je lui tendais un piège, que j'étais peut être quelqu'un de la répression des fraudes et que j'essayais de lui faire perdre son diplôme ! Rien que ça... et que, comme je n'étais "même pas" une famille cliente régulière, même pas il lèverait le petit doigt pour m'aider...
J'ai passé des heures au téléphone à essayer de trouver une solution, j'ai raccroché dépitée, mortifiée et humiliée. En clair, j'avais beau avoir de l'expérience dans le domaine, je n'étais rien, je n'étais personne, je n'avais aucun diplôme, aucune qualification et j'étais probablement en plus une menteuse à leurs yeux... Eux ont fait des études, eux savent, eux décident...
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Je peux vous dire que ça fait mal, très mal à l'égo. Sans parler du fait que mon petit piou allait mourir et que je ne pouvais rien y faire...
Au bout d'une paire d'heures, j'avais récupéré suffisamment pour me relancer dans des recherches un peu désespérées. J'ai pris le problème à l'envers, comme si je devais soigner un bébé humain, et j'ai fini par trouver des solutions dites "alternatives" pour soigner la candidose, à commencer par l'homéopathie.
J'ai foncé à la pharmacie où j'ai demandé à avoir Monilia albicans 5 CH accompagné du Borax 5 CH.
Là, aucun problème pour obtenir le précieux médicament. J'aurai préféré avoir une version "liquide" mais la pharmacie n'en avait pas, je me suis donc rabattue sur les granules, que je faisais fondre dans une cuillère d'eau soigneusement bouillie et mélangée à du bicarbonate de sodium.
J'ai fini par sauver mon piou. Au bout de quelques jours, l'amélioration était nette, il n'y avait plus d'air dans le jabot et la digestion se faisait sans problème. Les boutons blancs ont mis plus longtemps à disparaître mais au bout de 5 jours, il n'y avait plus rien. J'ai continué à titre préventif pendant deux semaines de plus, et je n'ai plus jamais eu le moindre souci avec ça.
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Bébé piou a été rejoint au bout de trois semaines par sa petite soeur, la copie conforme de Reiwa, que nous avons baptisée Sydney une fois sevrée, et que les parents ne nourrissaient plus non plus.
Les deux petits ont fini leur sevrage dans les temps, et je n'ai jamais eu de souci de poids comme j'en avais eu avec Reiwa. Comme quoi, ça ne se passe jamais de la même manière ! Mais ça reste toujours très stressant. Je préfère de loin lorsque les bébés sont au moins deux. Un seul petit, c'est plus compliqué, notamment pour le bon équilibre psychologique de l'oiseau. Seul, il oublie très vite qu'il est un oiseau ! A deux, impossible !
Et j'ai baptisé mon bébé piou HAPPY ! Parce qu'il était toujours très gai et n'a jamais montré le moindre signe de résignation, il s'est battu de toutes ses forces et il a gagné. Alors ce nom lui va comme un gant !
Aujourd'hui, les deux sont adolescents et ils nous en font voir de toutes les couleurs : et je te crie dessus, et je n'ai peur de rien, et je monte sur ta tête pour te tirer les cheveux, et je bouffe ton livre, et j'appelle pendant des heures quand je t'entends dans le jardin, bref des adolescents bien dans leurs plumes et absolument ingérables, comme il se doit.
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Pour la détermination du sexe, ce fut plus facile grâce à Reiwa puisque du coup, Sydney lui ressemblant comme une goutte d'eau, elle ne pouvait être qu'une femelle, et j'ai tout de suite su que Happy était un petit mâle car à à peine trois mois, il sifflotait déjà comme un perdu, et avec brio en plus. Happy est né le 1er mai et sa soeur, le 3 mai. Ils sont donc âgés de 7 mois. Ils ont fait leur première mue et à supposer que j'ai le moindre doute, ont confirmé qu'ils étaient bien un mâle et une femelle : Happy commence à perdre ses jolies perles blanches et finira entièrement gris ardoise et blanc tandis que Sydney a bien gardé ses perles et son petit masque blanc est devenu plutôt blanc cassé, comme celui de Reiwa. Par contre, je n'ai pratiquement aucun moyen visuel de distinguer Reiwa de Sydney, si ce n'est pour le moment par leur comportement : Reiwa est aussi calme et posée que Sydney est capricieuse et déjantée...
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Mais si elle se calme à l'âge adulte, il faudra trouver autre chose !
Je sais qu'il faut que je fasse une investigation en profondeur dans ma volière, pour comprendre le pourquoi du problème. Un traitement antibiotique serait peut être nécessaire, mais il faudrait pour cela que j'emmène tous mes oiseaux un par un chez le vétérinaire pour qu'il fasse procéder à des tests en laboratoire.
Je ne m'en sortirais pas.
Sans parler du coût financier que cela représenterait, il faut aussi bien comprendre qu'il y a un risque, mes oiseaux étant pour la plupart assez âgés. En clair, je ne prend pas le risque d'un traumatisme lors du déplacement et lors de la consultation qui pourrait s'avérer mortel.
En conclusion, j'aimerai aussi vous informer que la Candidose est malheureusement extrêmement présente dans nos vies, à nous humains, et pas uniquement auprès des animaux de compagnie, et que, peut être, vous aussi souffrez de désagréments difficiles à vivre à cause de ce vilain champignon. Personnellement, je suis en plein questionnement et je pense que je vais tenter de faire quelque chose.
Je vous tiendrais au courant !
Amicalement,
Isa.
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